SOCIÉTÉ : Non-respect des droits de l’Enfant, tirons les leçons des inondations de 2020

Niamey – Vendredi 20 Novembre 2020, L’année 2020 aura marqué la mémoire collective nigérienne à cause deux (2) évènements majeurs : la crise sanitaire liée à la pandémie de la COVID-19 (à partir de Mars) et les inondations (à partir d’Août). Ces deux (2) facteurs intervenus dans un contexte sécuritaire fragile ont rendu plus complexes les défis de développement dans les secteurs sociaux de base accentuant ainsi une situation humanitaire préoccupante dans le pays. La psychose sociale suite à la proclamation de l’état d’urgence sanitaire (Mars 2020), la suspension des cours pendant huit (8) semaines (année scolaire 2019-2020), la privation des loisirs ou jeux collectifs en raison du confinement puis le délogement des familles du fait des inondations, la réinstallation des populations sinistrées sur d’autres sites dans des conditions de vie peu reluisantes particulièrement pour l’enfant ont été des épisodes difficiles qui ont surement marqué la vie de plus d’un enfant nigérien.

« Je me rappellerai toujours de ces inondations parce que ma petite fille Nafissa, 6 ans, a été sauvée de noyade à Saga par des jeunes inconnus lorsque la digue avaient cédé… » a confié à nos reporters Salamatou en caressant la tête de sa petite fille.

« Les inondations m’ont marqué pour avoir passé des nuits avec les enfants à la belle étoile dans une cour de l’école parce que nos maisons sont effondrées, nos seccos et nos effets emportés par les eaux. Mais je remercie les bonnes volontés qui nous aidés en nous offrant des vivres. Corona et Inondations…c’est pas facile d’oublier » a dit Hamssa Karimou, riveraine au quartier Gamkalé.

A la date du 21 septembre 2020, le bilan officiel des inondations au Niger est le suivant : les pertes et dommages s’étalaient sur 103 communes de 41 départements des 08 régions, avec un total de 43,226 maisons effondrées et 4,556 autres endommagées. 549.049 personnes ont été touchées soit 100% de plus que l’année 2019 et 69 personnes ont perdu la vie à cause des inondations. A l’évidence, pendant les inondations, les enfants issus des ménages les plus vulnérables ont été privés de manière disproportionnée de l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à l’alimentation. Ils ont été les plus exposés aux risques.

« J’ai plus de 40 ans ici à Nogaré, mais je n’ai pas connu de telles inondations. J’ai tout perdu. Les écoles et les centres de soins les plus proches y compris l’hôpital Lamordé étaient difficiles d’accès » se rappelle Alpha Boureima, riverain à Nogaré, réinstallé à Karadjé sans vie active. Il occupe une concession vide, avec d’autres familles sinistrées, mise à sa disposition par une bonne volonté.

A comprendre M. Abdoul Razak Morou, membre du Collectif des organisations de défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie (CODDHD), « Promouvoir les droits des enfants, c’est tout d’abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous puissent y accéder ». Selon lui, « c’est à ce prix que les droits de l’enfant seront véritablement respectés et cela surtout en période de crise ». Au Niger, poursuit-il, beaucoup reste à faire par rapport au respect des droits des enfants notamment en période de crise ou en zone hostile. Pourtant, il conclut en faisant remarquer que notre pays est signataire, depuis 1990, de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989.

Pour rappel, la CIDE affirme qu’un enfant n’est pas seulement un être fragile qu’il faut protéger mais que c’est une personne qui a le droit d’être éduqué, soigné, protégé, quel que soit l’endroit du monde où il est né. Et aussi qu’il a le droit de s’amuser, d’apprendre et de s’exprimer.

Réinventons un monde meilleur pour les enfants !

niameysoir.com

 

 

 

 

 

 

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