SOCIETE : CONIPRAT tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de poursuivre la lutte contre les MGF (Table Ronde)


 

(Niamey- 16 Février 2022) A l’instar de la communauté internationale, le Niger a célébré le 6 Février  dernier la 19e édition de la Journée Internationale «  Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) ». Le thème retenu cette année est : « Accélérer l’investissement pour éliminer les Mutilations Génitales Féminines ». En marge de cette journée, le secrétaire général du Ministère en charge de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant, M. Hachimou Abdoulkarim a présidé la cérémonie d’ouverture de la Table Ronde des bailleurs de fonds, le mardi 15 février 2022. Cette rencontre organisée par le Comité Nigérien sur les Pratiques Traditionnelles (CONIPRAT) s’est tenue dans la Salle des Premières Dames du Palais des Congrès de Niamey en présence des députés nationaux, de la Secrétaire Exécutive du CONIPRAT, Mme Abdoulaye Amsou Amadou, du Représentant de l’UNICEF, M. Stéfano Savi, des Partenaires Techniques Financiers (PTF) ainsi des responsables des ONG nationales et internationales intervenant dans la lutte contre MGF au Niger.

M. Hachimou Abdoulkarim, Secrétaire général du Ministère de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant,

A l’entame de son propos, Mme Abdoulaye Amsou Amadou a souligné qu’au cours des deux (2) dernières décennies (2000-2021) les régions de Niamey, Tillabéry et Diffa sont à forte prévalence des MGF au Niger avec un nombre total de 183 Exciseuses reconverties, 33 Groupement Féminins mis en place, 173 Localités touchées, 833 Femmes membres des groupements féminins incluant les ex-exciseuses, 160 Brigades Villageoises de vigilance. En outre, elle a fait remarquer que la mobilisation sociale et l’engagement des communautés à changer de comportement a réduit la prévalence des MGF (EDSN) de 5% en 1985 à 2,2% en 2006 et 2% en 2021. Mieux, une étude récente sur l’ampleur et les déterminants des violences basées sur le genre (VBG) réalisée par l’UNFPA en 2021 situe la prévalence à 0,7%. Néanmoins, précise-t-elle, il existe une disparité régionale et ethnique de 13% à 65%.

Mme Abdoulaye Amsou Amadou, Secrétaire Exécutive du CONIPRAT,

Grace aux multiples efforts qui sont faits par le Gouvernement et ses partenaires courageux, la prévalence nationale des MGF est en baisse  a renchéri M. Hachimou Abdoulkarim. Selon lui, « Le travail et les performances ayant permis d’aboutir à la baisse des taux constatée doivent se poursuivre en accélérant les investissements et les actions pour mettre fin aux mutilations génitales féminines ». Abondant dans le même ordre d’idée, le Représentant de l’UNICEF, M. Stéfano Savi a axé son intervention sur l’arsenal juridique national et international de protection des Droits de la Femmes et de l’enfant. Les MGF sont des pratiques condamnées par la convention relative aux droits de l’enfant et la convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes. « Les MGF sont une violation des droits fondamentaux de la femme et des enfants. C’est pourquoi, elles sont une des préoccupations majeures de l’UNICEF, pas seulement au Niger, mais aussi, dans le monde entier », a-t-il affirmé.

M. Stéfano Savi, Représentant de l’UNICEF.

Pour rappel, les MGF ou Excision sont des pratiques ancestrales néfastes perpétrées sur les petites filles  et qui consistent en l’ablation partielle ou totale de leurs organes génitaux externes à l’aide de lames de rasoir ou des couteaux. Selon l’OMS, « la  pratique des MGF-Excision touche de cent à cent quarante millions des filles et des femmes partout dans le monde. Chaque année trois millions de filles dans le monde sont exposées au risque de subir une mutilation génitale féminine ». Au Niger les MGF les plus courantes sont opérées par les exciseuses et les barbiers. L’objectif visé par la table est de tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de poursuivre la lutte contre les MGF jusqu’à leur élimination définitive. Aux organisateurs de de relever qu’au fil des années les ressources financières s’amenuisent pour plusieurs raisons dont la COVID 19 et l’insécurité dans plusieurs zones d’intervention, mais également du fait que de plus en plus les MGF sont noyées dans des nouveaux concepts tel que les Violences Basées sur le Genre (VBG).

Ibrahim Mohamed / niameysoir.com

 

 


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