RAPPORT: La capacité organisationnelle des OSC n’a pas changé en 2020…


CAPACITÉ ORGANISATIONNELLE: 5.0

La capacité organisationnelle des OSC n’a pas changé en 2020, car les OSC ont réussi à maintenir des communications solides avec leurs groupes cibles malgré les restrictions liées à la pandémie et, dans l’ensemble, se sont bien adaptées aux conditions de la pandémie.

En 2020, la capacité des OSC à communiquer avec leurs groupes cibles n’a pas vraiment changé, car de nombreuses organisations ont compensé le manque de rencontres en personne par le recours aux réseaux sociaux. Les OSC établissent généralement des relations avec les groupes cibles et les groupes d’intérêt après avoir effectué des études de fond pour déterminer les priorités, les acteurs et les bénéficiaires potentiels. Ces études peuvent impliquer un certain nombre d’approches innovantes et pertinentes. Par exemple, Counterpart International, en partenariat avec le Réseau d’appui aux initiatives locales (RAIL), AEC, Diko et Karkara, a organisé des groupes de discussion dans les régions de Zinder, Diffa, Agadez, Tillabery et Niamey pour déterminer les besoins en matière de santé publique, d’éducation et de sécurité. Ces études ont permis aux organisations de plaider au niveau local et national pour des politiques qui prennent en compte les besoins exprimés. Les OSC locales et les mouvements sociaux informels au niveau des communautés, comme les groupements de femmes ou de jeunes des quartiers appelés fadas, entretiennent des relations particulièrement étroites avec leurs communautés. Les OSC dépendent souvent de leurs bénéficiaires pour mettre en œuvre les projets et, en fait, nombre de leurs activités ne seraient pas possibles sans la participation des bénéficiaires. Par exemple, en 2020, lorsque le RAIL a mis en œuvre un projet d’adduction en eau potable dans le département de Dogondoutchi, des membres de la communauté locale ont creusé les tranchées pour les conduites d’eau en guise de contribution en nature. Les OSC de plus grande envergure et plus formelles se trouvent surtout dans les grands centres urbains et ont tendance à mobiliser leurs membres autour d’intérêts communs.

Les missions des OSC sont clairement définies dans leurs statuts et règlements, et la plupart des organisations y adhèrent. Malgré le manque de ressources, toutes les OSC ont des plans opérationnels annuels ou pluriannuels, exigés par l’instance de contrôle. Certaines grandes OSC ont des plans stratégiques et intègrent des techniques de planification dans leurs processus de prise de décision. Les organisations adaptent souvent leurs plans pour tenir compte de l’évolution du contexte national et international et de leurs propres besoins de développement. Par exemple, en novembre 2020, le RAIL a élaboré un plan stratégique pour la période 2021-30, qui tient compte des questions sécuritaires et humanitaires qui n’existaient pas au moment de l’élaboration du plan précédent. Les OSC définissent à l’avance des indicateurs pour mesurer le succès de leur travail, lesquels sont intégrés dans leurs plans d’activité.

Les rôles et responsabilités du conseil d’administration doivent être clairement définis dans les documents internes des OSC. En principe, le conseil d’administration est une instance opérationnelle de l’assemblée générale. Il se réunit une fois par semestre ou par trimestre pour examiner la mise en œuvre des activités du secrétariat exécutif pendant la période en question et pour planifie les activités de la période suivante. Mais en fait, seules les grandes OSC organisent des réunions régulières de leur conseil d’administration. Les petites organisations n’ont souvent pas les moyens de tenir des réunions et, par conséquent, les directeurs exécutifs ou les fondateurs prennent toutes les décisions. Peu d’OSC procèdent à des transitions de leadership (bien qu’elles critiquent le gouvernement pour le même défaut). La plupart des organisations s’efforcent de fonctionner selon les principes de redevabilité et de transparence en présentant des rapports périodiques aux donateurs. Certaines OSC évitent autant que possible les conflits d’intérêts, tandis que d’autres n’accordent que peu d’attention à cette question.

Les fonctions du personnel varient d’une organisation à l’autre et sont généralement définies dans des manuels de procédures ou des règlements internes du personnel. Les OSC nigériennes maintiennent un personnel permanent si elles bénéficient d’un financement de projet par des donateurs. Une petite organisation a généralement un ou deux postes rémunérés, comme le directeur exécutif et le directeur de programme. Les OSC ont généralement des descriptions de poste pour leur personnel et signent des contrats, qui doivent être approuvés par l’Agence nationale pour l’emploi. De nombreuses OSC préparent la prochaine génération du personnel en développant les aptitudes et les compétences de leurs employés actuels et en recrutant des stagiaires ou des volontaires, qui apprennent sur le tas et peuvent être embauchés si le financement du projet devient disponible. La plupart des organisations font appel à des consultants externes pour les services nécessaires en matière de comptabilité, d’audit, d’informatique et de droit.

Les ressources des OSC sont généralement insuffisantes pour acheter du matériel de bureau moderne. Les petites OSC et les OSC rurales ne disposent généralement pas d’ordinateurs. La plupart des OSC n’ont qu’un faible accès à l’internet, et les employés comptent sur leurs téléphones portables personnels pour s’y connecter. Quelques grandes OSC, comme l’Association nigérienne de défense des droits de l’homme (ANDDH), le Comité d’appui au développement local (CADEL) et le Mouvement des jeunes pour le développement et l’éducation citoyenne (MOJEDEC), disposent du wi-fi dans leurs bureaux. Les restrictions liées à la pandémie de 2020 ont obligé les OSC à faire un usage intensif des plateformes numériques telles que WhatsApp, Zoom et Facebook pour se réunir et communiquer avec leurs bénéficiaires et bailleurs. Dans les zones rurales en particulier, l’utilisation de WhatsApp se généralise lentement, notamment chez les jeunes. L’amélioration des compétences des OSC dans l’utilisation des technologies numériques a permis de compenser les restrictions de la liberté sur l’internet introduites par les nouvelles lois sur la cybercriminalité et l’interception des communications. Les OSC veillent à ce que leurs sites web ne soient pas piratés.

Sources : Rapport Indice de Pérennisation des Organisations de la Société Civile au Niger en 2020 


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *