JEA 2022 : M. Stefano SAVI invite les médias à plus d’engagement en faveur de l’élimination des pratiques néfastes affectant l’Enfant


 

 

 

(Niamey-Mardi 21 Juin 2022) Le Représentant de l’Unicef au Niger Stefano SAVI et Mme Salmey Bebert spécialiste Protection de l’Enfant à l’UNICEF ont co animé, en début de matinée, un café de presse à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA) Edition 2022, célébrée le 16 juin dernier. Face aux journalistes des médias publics et privés, le patron de l’Unicef basé à Niamey a abordé, sans langue de bois, la question des pratiques néfastes affectant l’enfant au Niger et plus particulièrement le mariage et la mendicité des enfants. Il s’agit de deux pratiques néfastes émergentes au Niger et qui prennent de l’ampleur d’où l’engagement des plus hautes autorités du pays à y mettre fin. Du reste ; la poursuite de la mise en œuvre de la campagne de l’UA : « mettre fin au mariage des enfants », à travers l’élaboration du nouveau plan stratégique aligné avec le PDES, la priorité accordée à l’éducation des filles…traduisent à suffisance l’engagement du Gouvernement. Selon l’UNICEF, « Ce sont environ 5 millions d’enfants qui sont mariés avant l’âge de 18 ans, des filles pour l’immense majorité. Parmi elles, 1,9 million se sont mariées avant l’âge de 15 ans. Le mariage des enfants persiste en raison de multiples facteurs, dont la pauvreté, le faible niveau d’éducation et les normes sociales auxquelles les familles se sentent obligées de se conformer. La pauvreté fait partie des principaux moteurs du mariage des enfants au Niger, car la perspective d’un mariage apporte l’espoir d’une amélioration des conditions économiques et du statut social, tant pour les filles que pour leurs parents »

A comprendre les explications de M. Stefano SAVI, l’opportunité qu’offre la célébration de la JEA aux parties œuvrant dans le domaine des droits de l’enfant est d’évaluer les politiques publiques en faveur de l’Enfant, examiner l’état des pratiques néfastes affectant les enfants en Afrique ainsi que les problèmes connexes auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne. Au Niger, le mariage des enfants et la mendicité des enfants interpellent tout le monde. C’est un problème de société. Il faut en parler. Pour M. Stefano SAVI, « Nous devons en parler pour susciter une véritable prise de conscience, et c’est en cela que le rôle des médias est important… ». «Votre contribution est cruciale pour le changement social…» a-t-il ajouté en s’adressant aux journalistes. Il a enfin souligné et salué les efforts énormes des médias publics et privés dans l’exercice de leur mission de service public.

Auparavant, Mme Salmey Bebert a entretenu les journalistes sur la situation du mariage des enfants en Afrique et surtout au Niger qui détient le record mondial de la pratique du mariage des enfants, avec 3 filles sur 4 mariées avant leur 18ème anniversaire. Même si une étude récente de l’INS (ENAFEME) a montré une baisse sensible entre 2012 et 2021, où le taux de mariage des filles avant 18 ans est passé de 76% à 65%, la prévalence reste parmi la plus élevée au monde. Mme Salmey Bebert a mis en exergue les causes et les conséquences du mariage des enfants au Niger, les défis qui y sont liés en rapport avec les pesanteurs socioculturels sans occulter l’existence de deux corps de règle : Le Droit Coutumier et le Droit positif. Avant de clore son exposé, elle a rappelé l’impact des programmes, actions et interventions de l’UNICEF et de ses partenaires visant à mettre fin aux pratiques néfastes affectant l’enfant au Niger (NDLR : Mariage et maternité précoces, mariages des enfants, Mutilations Génitales Féminies MGF/Excision Ablation de la luette, Gavage, Tabous alimentaires, Extraction des dents de lait et des alvéoles, Attouchement au feu, Saignées, Percée du bas ventre, Pressions abdominales, Relèvement du col utérin, Fixation du fœtus, Scarifications, Tatouage, Percement du lobe, du pavillon de l’oreille et du nez, Percement des gencives et des lèvres « soukka », Sevrage précoce)

Que faire ?

Les échanges interactifs directs et constructifs entre responsables de l’Unicef et journalistes ont porté sur la nécessité de poursuivre la mobilisation des ressources pour soutenir les interventions, notamment le programme mondial pour mettre fin au mariage des enfants jusqu’à l’horizon 2030. Au plan national, les échanges ont mis l’accent sur la poursuite du plaidoyer axé sur l’harmonisation de l’arsenal juridique en matière de protection de l’Enfant (Convention relative aux droits de l’enfant, CIDE, Code Civil applicable au Niger, Charte Africaine des Droits et du Bien être de l’Enfant etc). En outre, l’autonomisation de jeune fille, son maintien à l’école jusqu’à 18 ans ont été   comme Il ressort des échanges que l’UNICEF a réaffirmé sa disponibilité à continuer à collaborer avec les médias. Ces derniers ont rassuré les responsables de l’agence onusienne de Protection de la Femme et de l’Enfant, de poursuivre leur mission d’information, de formation et de sensibilisation sur l’élimination des pratiques néfastes affectant l’Enfant. Et ce, dans le même temps que s’intensifiera, espère-t-on, la mobilisation communautaire pour un changement de comportement et des normes sociales dans les zones à forte prévalence des pratiques néfastes.

Pour rappel, le thème retenu au titre de l’édition 2022 est: « Élimination des pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès sur les politiques et pratiques depuis 2013 ». La commémoration de la JEA 2022 est ainsi l’occasion de faire le point sur ce qui a été fait en matière d’adoption de politiques et de pratiques et de réfléchir à ce qui doit encore être fait pour éliminer efficacement les pratiques néfastes affectant les enfants en Afrique.

Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou / NIAMEY- SOIR


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