JEA 2021 : Panel questions-réponses, les enfants face aux membres du Gouvernement

Une vue de la table de séance du panel questions-réponses

Niamey – Mercredi 16 juin 2021 : A l’occasion de la célébration de la Journée de l’Enfant Africain (JEA) Edition 2021, un panel d’échanges interactifs a été organisé par l’UNICEF en collaboration avec les ministères sectoriels chargés des questions de l’Enfant au Niger. Cet espace de dialogue direct entre les enfants et les membres du Gouvernement a pour objectif essentiel de donner aux enfants l’opportunité de s’adresser (sans intermédiaire) aux plus hautes autorités du pays par rapport à leurs préoccupations. Les échanges ont porté sur le respect des droits des enfants, l’éducation, la santé, la protection et l’emploi. Au fond, il s’agit d’engager des réflexions soutenues sur les problèmes que rencontrent les enfants au Niger, d’écouter les décideurs sur les dispositions prises dans le sens de les résoudre et enfin discuter des perspectives pour l’avenir.

Ce panel questions-réponses, le premier du genre, a eu lieu ce 16 juin 2021 au Palais des Congrès de Niamey peu après la cérémonie de lancement officiel des activités commémoratives de la JEA 2021. La Ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’Enfant, Mme Allahoury Aminata Zourkaleini, le Ministre de la Santé Publique Dr Illiassou Idi Mainassara, le Ministre de l’Education Nationale Dr Rabiou Ousman et le Ministre de l’Emploi et du Travail Dr Ibrahim Boukary étaient face aux enfants qui leur ont posé des questions en présence des responsables de l’UNICEF et des médias.

Ci-dessous l’intégralité des échanges (questions-réponses) qui se sont déroulés dans le calme, la courtoisie et la sérénité :

Chamsia Aboubacar 18 ans

QUESTION 1 : Monsieur le ministre de l’éducation nationale, récemment des enfants sont décédés dans l’incendie d’une école du quartier Pays Bas et le gouvernement a promis de construire des classes pour éviter ces genres de drames.

Dr Rabiou Ousman, Ministre de l’Education Nationale.

RÉPONSE 1 : Ministre de l’éducation nationale, Dr Rabiou Ousman : Merci pour avoir posé cette question, d’avoir évoqué l’incendie tragique de l’école du quartier Pays Bas. C’est un drame et nous prions le Tout-puissant Allah que ce drame ne se répète plus. Le gouvernement a pris toutes les dispositions de garantie pour que l’école soit construite. Les vingt-et-une (21) classes en paillote qui ont brûlé seront reconstruites et c’est l’UNICEF (ici présent) qui a pris l’engagement de construire ces vingt-et-une (21) classes puis de les équiper. Elles seront prêtes d’ici la rentrée 2021-2022. Au plan national, nous comptons 36000 classes en paillote. Toutefois, retenez que le Président de la République, Chef de l’Etat,  s’est personnellement engagé à rompre progressivement avec la construction des classes en paillote.

Dans le même ordre d’idée, nous sommes en atelier à Dosso pour choisir un modèle de construction moins cher et qui est adapté à notre climat. Après la validation de ce modèle alternatif, nous allons procéder à son expérimentation sur le territoire national. Sur le même sujet, il y a des promoteurs et de bonnes volontés qui se sont annoncés. Ce qui veut dire que cette question-là Insha Allah, on va essayer progressivement réduire ce nombre de classes en paillote.

La deuxième question, ça c’est les enfants hors classe et sur le territoire, tous les villages administratifs sont dotés d’une école. Il y a au total 8999 écoles, mais il se trouve qu’il y a des villages ou des hameaux et ces habitants dispersés qui ne disposent pas d’école. Donc le gouvernement prend des dispositions pour que ces villages là aient une école. C’est dans ce sens  que la stratégie de centre de regroupement a été adoptée  afin de doter les zones nomades et les villages à effectifs réduits d’une école tout en respectant la carte scolaire. C’est dans cet esprit là qu’on va éradiquer, qu’on va avoir les enfants qui sont hors-classe, tous vont aller à l’école. Encore merci pour vos questions.

Maïmouna Adamou Abdou, 17 ans

QUESTION 2 : Madame la ministre, pourquoi il y a beaucoup d’enfants dans la rue et la mendicité ?
Madame la ministre, qu’est-ce que vous faites pour empêcher le viol, la maltraitance, le châtiment corporel, la négligence ?

Mme Allahoury Aminata Zourkaleini, la Ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’Enfant.

RÉPONSE 2 : Mme Allahoury Aminata Zourkaleini : Je commence à remercier celle qui vient de me poser la question.  Je profite également pour remercier tous les enfants qui sont ici présents et en particulier les enfants en situation de handicap. Merci à tous d’être venus. Pour répondre à la première partie de votre question, permettez moi de relever d’abord qu’il existe deux (2) catégories d’enfants qui sont concernés. Il y a les enfants dans la rue et les enfants de la rue. Les enfants dans la rue sont ceux qui passent tout leur temps dans la rue mais en restant en contact avec leurs parents. Par exemple, ils passent la journée dans la rue et le soir ils dorment en famille.  S’agissant des enfants de la rue, ils ont rompu définitivement avec leurs parents, c’est-à-dire ils ne retournent plus dans leurs familles et souvent c’est seulement avec l’intervention des services spécialisés qu’ils décident de retourner dans leurs familles. Sinon c’est des enfants qui vivent dans la rue, c’est-à-dire souvent on les retrouve au niveau des trottoirs, autour de l’échangeur où ils dorment généralement.

Les causes sont diverses. Les enfants sont dans la rue, c’est souvent une question de survie. Souvent, ils viennent vendre de bricoles dans la rue. Souvent c’est les parents même qui les envoient pour vendre dans la rue et satisfaire leurs besoins élémentaires. Même manger et boire c’est un problème pour certains enfants. Donc ils viennent se débrouiller dans la rue.  Ces enfants sont le plus souvent issus des familles pauvres.

Maintenant il y a des enfants qui vivent dans la rue parce qu’ils ne se sentent pas du tout en sécurité avec leurs parents. C’est une des causes aussi. C’est-à-dire, ils sont dans des familles,  il y a souvent des questions de maltraitance, il y a souvent des questions de divorce, de décès d’un des membres de la famille qui poussent l’enfant à trouver refuge dans la rue. On trouve aussi des enfants dans la rue qui sont victimes d’exploitation économique par certains adultes. Je prends le cas des  »talibé ». Vous savez très bien qu’il y a toujours des marabouts qui sont là et qui poussent les enfants dans la rue pour chercher de quoi manger etc. Et avant c’était vraiment la nourriture que ces enfants là cherchaient. Ils venaient souvent de concession en concession pour chercher cette nourriture comme leur pitance, mais aujourd’hui c’est devenu vraiment recherche d’argent. Ils viennent dans la rue, ils ne s’intéressent pas à la nourriture aujourd’hui, ils cherchent de l’argent pour aller donner à un maître qui est dans un coin et qui les attend. Disons que c’est une forme d’exploitation. Et il y a des enfants qui mendient avec des parents souffrant de handicap (aveugle etc). 

Il y a même souvent des enfants qui sont même poussés à faire des petits vols et là c’est très malheureux . Parce qu’il y a des adultes qui sont là, qui les poussent et ils viennent faire le pickpocket ou autres formes de délinquance. C’est dire que la situation est très déplorable. Nos services de protection font de leurs mieux pour qu’il n’y ait pas des enfants dans la rue, mais il faut voir le problème de façon globale parce que la situation de ces enfants doit interpeller plusieurs structures en même temps d’où l’importance de la sensibilisation.

Pour répondre à la deuxième question, au niveau du ministère de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant, nous mettons l’accent tout d’abord sur le changement des comportements. Le changement de comportement des populations à travers la sensibilisation notamment sur les violences et la maltraitance des enfants. Il y a souvent même des violences qui font très mal à leurs victimes et souvent même on ne se rend même pas compte que c’est des violences. Le ministère a créé des centres de prévention de protection et de promotion qui doivent donc intensifier les sensibilisations en prenant en charge le cas des enfants qui sont déjà victimes. La mise en place de ces cas de prévention permettra vraiment d’éviter donc pas mal de choses, le châtiment corporel, les viols comme vous l’avez dit, la maltraitance etc. Donc ces services vont essayer de résoudre tous ces problèmes  de maltraitance.

Et puis nous avons également des approches communautaires, comme Ilmi et l’Approche Communautaire de Protection de l’Enfant (ACPE). Nous sommes appuyés par les partenaires techniques et financiers qui permettent de responsabiliser les communautés pour qu’elles sensibilisent leurs membres. Que les membres qui sont dans ces centres poursuivent la sensibilisation. Il y a également l’initiative Spot Light qui lutte spécialement contre les violences faites aux femmes et aux filles, les centres d’écoute pour les femmes et les enfants victimes de violences. J’insiste sur le fait que dans tout ce que nous sommes en train de faire, c’est pour apporter une solution à tous ces problèmes, mais avec l’appui des partenaires techniques. Avant de terminer, j’invite ensemble des structures et les autres ministères sectoriels à préserver dans cette lutte contre toutes ces formes de violences faites aux femmes et aux enfants. Je vous remercie.

Kemal Tanimoune, 14 ans

QUESTION 3 : Monsieur le Ministre, pourquoi nos parents payent encore pour les soins des enfants de moins de 5 ans?

Dr Illiassou Idi Mainassara, Ministre de la Santé Publique

RÉPONSE 3 : Ministre de la Santé Publique, Dr Illiassou Idi Mainassara : Merci beaucoup cher fiston pour ces questions. Je vais tenter d’apporter des réponses. D’abord par rapport à la première question c’est celle de la gratuité des soins, malgré cette loi de la gratuité des soins, les parents continuent à payer les frais. Je ne vais pas dire non. Comme vous le savez, le Niger a adopté la gratuité des soins depuis des années. Il faut aussi savoir que parmi les 15 pays de la CEDEAO, le Niger est le seul pays à adopter la politique de la gratuité. Et je pense que sur les quinze aujourd’hui, il y a moins de cinq pays qui ont adopté cette loi. Même si par ailleurs elle rencontre des difficultés, la gratuité des soins est réelle au Niger. J’ai pas dit qu’elle prend tous les paramètres, mais quand on ignore le contenu, chaque fois on se pose de questions et on a l’impression, comme il vient de le dire, comme s’il n’y a pas de gratuité.
Je vais citer quelques aspects de la gratuité des soins. La consultation prénatale, elle est gratuite au Niger. Elle permet quand même d’accoucher des enfants en bonne santé pour les femmes qui les pratiquent. Et à l’intérieur même de cette consultation prénatale, toute femme qui vient de façon régulière, faire la consultation prénatale, les entrants sont gratuits. Nous avons un jargon que nous appelons, le TPI ( Traitement Préventif Intermittent de lutte contre le paludisme), même la semaine passée, on a réceptionné des médicaments des milliards et tout ça là c’est pour les positionner au niveau des centres de santé intégrés pour que toute femme qui vient, qu’elle ait la chimio prévention contre le palu gratuitement. Ça c’est l’État et ses partenaires.

Quand vous prenez la consultation du nourrisson, il y a aucune femme au Niger qui vient amener son enfant pour la consultation de nourrisson et qui paie un franc. Ça c’est un aspect que les gens ignorent. On ne voit que le traitement curatif. Quand vous prenez le traitement curatif, c’est vrai il y a des difficultés, mais l’État malgré les moyens limités, finance chaque année 2 à 3 milliards et qui sont payés dans le cadre de la gratuité.
Il faut rappeler de part et d’autre, les acteurs ne jouent pas leur rôle. Que ça soit les agents de santé, les COGES et même l’État, puisqu’il y a des retards dans le paiement régulier des factures de la gratuité des soins. Mais ces retards là ne sont pas liés seulement à l’État. C’est parce qu’on avait constaté que parfois ces factures sont mal faites. Elles sont mal élaborées. Mais je dois préciser que l’État et ses partenaires mettent à la disposition des formations sanitaires, certains produits, je n’ai pas dit tous les produits. Quand vous prenez, bientôt on rentre dans le cadre du paludisme, les médicaments qui ont été achetés par l’État et les partenaires, c’est près de 10 milliards, et rien que la semaine passée, j’ai visité ces magasins, puisqu’on va entamer la campagne à partir de la dernière semaine du mois du juillet. La campagne que nous appelons CPS ( Chimio prévention du paludisme saisonnier), et ça concerne les enfants de 0 à 5 ans. Cette campagne va durer quatre mois. Elle consiste à passer de porte à porte pour donner gratuitement à chaque enfant un traitement de prévention de palu. Et pendant quatre mois de haute transmission de paludisme.
Et nous avons prévu et même réceptionné 16 millions de traitement pour faire les quatre passages pour couvrir 4 millions d’enfants au moins, selon les statistiques qui sont à notre disposition, nous avons au Niger, près de 4 millions d’enfants de 0 à 5 ans, et qui sont concernés par cette campagne.

Le deuxième aspect toujours par rapport au palu, nous avons cette année, puisque l’année passée nous avons eu près de 4 millions de personnes qui ont présenté un paludisme confirmé. Cette année, l’État et ses partenaires à savoir le CNRS, le fond mondial de lutte contre le paludisme et l’initiative du Président américain de lutte contre le palu, le système des Nations Unies, comme on a constaté que l’année passée, on a eu jusqu’à 4 millions de cas de palu. On a acheté 9 millions de traitements de lutte contre le palu. Et actuellement, ces produits là sont en train d’être acheminé à l’intérieur. Et les consignes qu’on a donné par rapport au traitement, tous les enfants de 0 à 5 en ce qui concerne le palu, doivent être traités gratuitement. Je n’ai pas dit qu’on respecte. Il y a des centres, et vous connaissez l’être humain, mais ce qui est sûr, l’État et ses partenaires ont mis tous les moyens pour assurer la disponibilité des médicaments. Mais c’est vrai, on a constaté malgré la présence de ces médicaments, il y a des centres où on demande à la mère ou à la maman de payer alors que c’est gratuit. Et la gratuité là c’est gratuit pour l’enfant et pour la mère, mais l’État paie la gratuité. C’est un coût à peu près de 500 francs. Si vous prenez le troisième aspect, la sulphadocine pluri métamine également on a positionné en fonction de la projection qu’on a fait des nombres de femmes en âge de procréer, on a prévu ce médicament.
Quand vous prenez le quatrième aspect, les moustiquaires, cette année on a distribué près de 5 millions de moustiquaires. C’est pour protéger les enfants et les femmes. Plus vous protégez la mère, vous protégez l’enfant. Et on a positionné 1,5 millions de moustiquaires dans les CSI, pour que chaque femme qui vient avec la grossesse, qui porte un enfant dans son ventre qu’elle puisse avoir une moustiquaire gratuitement. Mais là également, il y a des difficultés. On n’a jamais dit que vraiment ces stratégies sont mises en œuvre à 100%, parce qu’il a des manquements qu’on a constatés. La population l’a constaté. Nous-mêmes l’avons constaté, mais on continue à sensibiliser les agents de santé pour que cet aspect de la gratuité soit effectif.
Actuellement le Niger avec l’appui des partenaires, nous sommes en train de mettre en place une stratégie, qui va être financé en grande partie par les partenaires qui ont eu à apprécier cette loi sur la gratuité. On va réformer la gratuité des soins. Nous allons organiser d’abord les états généraux de la santé avec comme thème fédérateur la gratuité de soins au Niger où à partir de ces états généraux ils se sont engagés à prendre en charge, à créer une cellule indépendante qui n’a rien à voir avec sur le plan financier avec le gouvernement. Elle va être financée comme le fond commun a eu à être financé à des dizaines de milliards pour qu’elle puisse suivre et recruter des agents qui vont aller sur le terrain et surveiller cette gratuité, parce que la gratuité, l’impact qu’il a eu c’est la réduction de la mortalité maternelle, la réduction de la mortalité infantile pour vous dire, ce que vous venez de dire c’est vrai, il y a des difficultés, mais quand même la gratuité est réelle et il faut noter, elle se passe dans moins de 10% des pays de la CEDEAO. Ça c’est par rapport à la première question.

QUESTION 4: Monsieur le Ministre, qu’est-ce que vous faites pour la prise en charge des relais communautaires qui font les soins élémentaires aux enfants dans les villages ?

Dr Illiassou Idi Mainassara, Ministre de la Santé Publique

Par rapport à la deuxième question, les relais communautaires. En réalité, on ne les appelle pas les relais communautaire, ceux qui font la prise en charge au niveau des centres de santé, au niveau des cases de santé en particulier. C’est les agents de santé communautaires, puisque les relais ils sont chargés de la sensibilisation de la population et ce relais là, la plupart ce n’est pas des personnes qui ont des diplômes qui sont qualifiées. C’est dans la population générale, par exemple le chef du quartier peut proposer des femmes relais pour accompagner un CSI de son village où de son quartier. Quand il y a des activités de sensibilisation, nous avons des partenaires, en particulier l’UNICEF, qui quand vous prenez à chaque campagne, de lutte contre la polio, ils financent les relais à des centaines de millions pour leur permettre avant, pendant les campagnes, d’aller sensibiliser les femmes porte à porte pour sortir, amener leurs enfants à la vaccination.
Donc c’est des bénévoles les relais là, mais il y a une politique qui a été adoptée l’année passée pour formaliser, pour que ces relais puissent travailler moyennant une allocation. Là c’est gérer au niveau du ministère du développement communautaire avec lequel on travaille. On a eu à travailler sur cette stratégie de relais. Et je pense que bientôt, on est en train de chercher de financement, pour mettre en œuvre, mais ceux qu’ils prennent en charge, il faut le préciser, c’est les agents de santé communautaire.

Un moment le Niger quand il a adopté la politique de la santé communautaire, on a eu à former les ASC à N’Dounga et même certains aussi, catégorie des agents de santé infirmiers et sage-femmes qui sont formés sont dans les cases de santé. Nous avons environ 6000 qui sont payés par l’État pour prendre en charge, la santé de base au niveau des communautés. Et après avoir constaté la charge de travail, le service qu’il rendent à la population, l’État a décidé depuis l’année passée, d’augmenter leurs pécules qui était initialement à 50.000 à près de 77.000.
Et mieux, l’année passée, on a commencé à recruter sur les 6000, puisqu’après les discussions avec les partenaires sociaux en particulier les syndicats, on a commencé, on a pris la décision d’arrêter la contractualisation dans le domaine de la santé et commencer à résorber ces contractuels.

L’année passée, on a recruté 400 à qui on a donné de matricule. Ce qu’il faut comprendre, parmi ces gens là, il y a des gens qui n’ont pas de diplôme. Si tu n’as pas de diplôme, on ne peut pas te recruter. On a commencé à recruter ceux qui ont des diplômes, mais ça ne veut pas dire que les autres qui n’ont de diplômes, on va les exclure non. Ils vont continuer à percevoir ce pécule et on va continuer à améliorer.

Dans le cadre du prochain recrutement également, on a prévu une fois qu’on a une masse d’agents à recruter sur le plan national, on dégage une certaine partie pour ces agents contractuels.
Pour vous dire que vraiment, l’État a pris toutes les dispositions pour améliorer, je n’ai pas dit que tout est vert, tout est bon, mais il y a des difficultés. Même le gouvernement reconnaît qu’il y a des difficultés, mais, on est en train de prendre des dispositions avec l’appui des différents partenaires qui accompagnent le gouvernement pour réduire au maximum ces problèmes, ces difficultés que rencontrent la population. Merci en tout cas pour cette question.

Annasser Boubacar, 15 ans

QUESTION 5 : Monsieur le Ministre de l’emploi, il y a beaucoup d’enfants qui ne vont pas à l’école, qui ne sont pas soignés quand ils sont malades et qui sont obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins. Qu’est-ce que vous faites pour satisfaire tout cela?

Dr Ibrahim Boukary, Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale.

RÉPONSE 5: Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, Dr Ibrahim Boukary :  Je remercie Madame la ministre pour avoir bien voulu associer le ministère de l’emploi du travail et de la protection sociale à cette cérémonie qui comme elle l’a dit elle est multisectorielle. Ce qui explique donc notre présence ici. Je remercie aussi le grand étudiant pour ne pas dire élève qui a posé cette question. Qu’est-ce que nous faisons pour empêcher le travail des enfants, des enfants qui sont obligés de travailler pour se soigner, je vous ajouterais pour se nourrir, pour se prendre en charge, même pour prendre en charge une autre catégorie de population, c’est une réalité il ne faut pas l’occulter. Alors qu’est-ce que notre département ministériel fait? Dans un premier temps, vous savez il y a des dispositions juridiques. Elles sont de deux ordres. Il y a d’abord les conventions internationales que le Niger a ratifié. Donc là je fais allusion aux deux principales. La première c’est la convention 138 de l’OIT qui définit l’âge minimal pour avoir accès au travail, c’est 15ans. Mais le Niger pour s’adapter à ses réalités a ramené cet âge là à 14 ans. Donc le Niger a ratifié d’abord cette convention 148, ensuite le Niger a ratifié la convention 182. Celle-là lutte contre le travail avilissant de l’enfant. Tout à l’heure quelqu’un a posé une question à Madame la ministre de la promotion de la femme et de la protection de l’enfant. Ce qu’elle avait décrit fait partie de ce que nous appelons le travail avilissant de l’enfant.

Sur le plan national, actuellement le ministère est en train de finaliser le plan d’action sur la lutte contre le travail de l’enfant. Dans mon message à la veille de cette journée internationale, c’est-à-dire le 11 juin, nous l’avons dit il est temps de passer de la parole à l’acte. Bientôt je vous garantie que le Niger va passer à l’acte, parce que une fois que ce plan d’action sera élaboré et adopté, alors les inspections vont être outillés pour aller partout où il y a le besoin, pour imposer à ce que les différentes structures qui font travailler les enfants respectent ces dispositions. Sinon la loi est là pour les obliger à le faire.

Maintenant pour ce qui est des autres aspects, si je fais un bond dans le temps, c’est que le ministère avec les partenaires au développement a suscité avec bien sûr l’éducation nationale, la création des écoles à des endroits où les familles se sont installées. Je parle des endroits d’orpaillage, là c’est le ministère qui a suscité la création de ces écoles là pour permettre aux enfants qui sont là bas d’étudier. Un moment donné quand le Nigéria, particulièrement les États du Nord, quand ils avaient adopté la Charia, il y a eu un mouvement vers le Niger avec la création de certains sites où tout était permis. Là également c’était le ministère de l’emploi du travail et de la protection sociale qui s’est mis à l’avant-garde et à l’heure où je vous parle, aucun de ces villages n’existe plus au niveau du pays. Comme l’ont si bien dit les prédécesseurs, le gouvernement est en train de mettre l’accent pour que les conditions décentes soient créées un peu partout pour le bien de la population nigérienne. Je vous remercie.

Yahaya Agali Oulame / niameysoir.com

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