Interdiction de la 14ème JAC à Niamey

Les organisations de la société civile réunies au sein du cadre de concertation de la société civile pour une action citoyenne (CCAC) ont appelé les populations de Niamey à sortir, demain mardi 5 juin 2018,  pour participer à la 14ème Journée d’Action Citoyenne (JAC). Il s’agit d’un meeting prévu à 8h à la place de la Concertation mais cette manifestation a été interdite par les autorités de la ville de Niamey. La situation sécuritaire actuelle du pays et la tenue de cette manifestation en un jour ouvrable sont les principales raisons avancées par la Ville de Niamey pour interdire ce regroupement. Cet après midi, les organisateurs ont animé un Point de presse au Siège de l’Association Alternative Espace Citoyenne dont voici les points développés :

Quelques points saillants de la communication :

1- Mot de remerciement et d’encouragement à l’endroit des citoyens qui se sont mobilisés pour le meeting de demain d’une part, mais aussi à l’endroit des médias indépendants qui nous accompagne dans cette lutte d’autre part
Ce message est destiné aux citoyens nigériens vivant à Niamey qui se sont fortement mobilisés pour le meeting qui est prévu se tenir demain mardi 05 juin 2018 à la place de la concertation.

Il est aussi adressé à la diaspora nigérienne vivant à l’extérieur qui ne cesse de se mobiliser pour défendre les acquis démocratiques en consacrant d’énormes efforts (interpellation, signature de pétition, sit-in à l’ambassade du Niger en France).

Enfin le CCAC encourage et félicite les médias indépendants qui n’ont jamais cessé de chercher les vraies informations pour partager avec l’opinion publique de la dérive autoritaire qui est en cours dans notre pays du fait de la mobilisation des OSC contre les mesures impopulaires et antisociales contenues dans la loi des finances 2018 et la mauvaise gouvernance au Niger avec comme corollaire le pillage des ressources publiques, le bradage de notre souveraineté avec la présence massive des forces armées étrangères en violation grave de notre souveraineté;

2- Notification par les autorités de la Délégation de la Ville de Niamey de l’arrêté d’interdiction du meeting du mardi 05 juin 2018 que projette d’organiser le cadre de concertation et d’actions citoyennes:

A ce niveau, le locataire de la Ville de Niamey a fait illégalement l’usage de l’article 05 de la loi 2004-45 du 08 juin 2004 régissant les manifestations sur la voie publique et l’arrêté n°0010/MP/CVN/SG du 12 janvier 2017 portant interdiction de marches et de meetings les jours ouvrables et en soirée pour signer l’arrêté n° 00000057/PDS/VN/SG en date du 04 juin 2018 pour interdire le meeting pacifique de protestation contre la loi de finances 2018, la mauvaise gouvernance et les menaces graves portant sur les libertés publiques. Cette interdiction porte à 10 désormais le nombre d’interdiction des manifestations publiques ;

– Le cadre rappelle que la liberté de manifestation est un droit constitutionnel reconnu et garantit par l’article 32 e la constitution du 25 novembre 2018 qui dispose que : « l’État reconnait et garantit la liberté d’aller et de venir, les libertés d’association, de réunion, de cortège et de manifestation dans les conditions définies par la loi ». En principe, rien ne peut justifier la restriction d’une liberté fondamentale de manière abusive, fantaisiste et arbitraire ;

– Le cadre constate avec regret qu’un simple arrêté d’un maire qui remet en cause un droit humain fondamental garantit par les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux (Du point de vue de la hiérarchie des normes, il est certain qu’un simple arrêté ne peut pas remettre en cause les dispositions constitutionnelles) ;

– Le cadre est étonné de constater avec stupéfaction que chaque jour les arguments d’interdictions des manifestations par les autorités varient allant des raisons sécuritaires aux raisons de jour ouvrable et la soirée en passant par les raisons de crises scolaires comme motif d’interdiction des manifestations pacifiques ;

– Le cadre de concertation prend en témoin l’opinion publique nationale et internationale de l’interdiction systématique d’un droit constitutionnel par les autorités du Niger en violation flagrante des dispositions pertinentes des textes juridiques régulièrement ratifiés par l’État du Niger ;

3- De la mobilisation de la diaspora nigérienne vivant en France et de certaines ONG du nord suite à la visite du président Issoufou Mahamadou en France

Sur ce point, il vous souviendra que lors de sa déclaration du vendredi 25 mai 2018 marquant le 60 ème jours de la détention des défenseurs des droits humains, le cadre avait appelé la diaspora a une mobilisation citoyenne dans le cadre de la visite du président nigérien en France ce lundi 04 juin 2018.

A ce niveau, le cadre se félicite de la mobilisation exceptionnelle la diaspora nigérienne vivant en France soutenue par plusieurs autres structures qui remettra une pétition signée par plus de 30 000 personnes (des chercheurs, des hommes politiques, des médias, des Universitaires, des anciens diplomates, scientifiques) à travers le monde cet après-midi à 16 à M. l’Ambassadeur du Niger en France par rapport à la situation grave dans laquelle se trouve le pays.

Aussi, des USA en Allemagne en passant par la France, le Luxemburg, la Guinée, le Cameroun, le Tchad, les ONG et associations des défenses des droits humains sont mobilisés pour défendre les libertés publiques et protester contre les arrestations arbitraires.

Au vue de tout ce qui procède :

-le CCAC décide d’attaquer l’arrêté n°0010/MP/CVN/SG du 12 janvier portant interdiction de marches et meetings les jours ouvrables et en soirée ;
-Décide d’introduire une nouvelle demande de manifestation dans les jours à venir pour une nouvelle action citoyenne

4- Perspectives du mouvement :

La situation actuelle que vit notre pays, exige de chacun et de tous plus de courage, plus d’engagement, de la détermination et de la mobilisation pour défendre les acquis démocratiques mis en péril par les tenants du pouvoir.

C’est pourquoi, seule une vraie lutte s’impose et ce, de manière coordonnée afin de sauver le pays entre les mains de ses prédateurs qui ne travaillent que pour assouvir les intérêts occidentaux au détriment de ceux du grand peuple qui souffre des conditions de vie, de santé et d’alimentation précaire.

Tous unis, nous vaincrons,
La lutte continue

Fait à Niamey le lundi 04 juin 2018