Inondations au Niger : Des milliers d’enfants piégés par les eaux 

COMMUNIQUE DE PRESSE SUR LES INONDATIONS AU NIGER

Ces dernières semaines le Niger a été touché par de fortes précipitations ayant provoqué des inondations importantes avec pour conséquences d’énormes dégâts matériels et des pertes en vies humaines.

Selon la Direction de la Préparation de l’Alerte et de la Gestion des Catastrophes, 32 645 ménages d’environ 283 014 personnes sont touchés par le sinistre à l’échelle du pays a la date du 31 août. On estime à plus de 6955 le nombre d’enfants âgés de 0 à 5 qui sont affectés.

En plus des conséquences, sur la santé, l’économie des ménages et l’éducation, cette situation expose les enfants à plusieurs formes d’abus et à un niveau de stress très élevé pouvant occasionner des troubles psychologiques, notamment pour les enfants ayant perdu des parents ou des membres de leurs familles

Maradi reste la région la plus touchée avec 9 810 ménages de 104 501 personnes sinistrées. En plus d’être fortement touchée par les inondations, cette région accueille déjà 40 319 réfugiés, dont 67% d’enfants, 23% de femmes, 10% d’hommes à la date de 9 juillet 1 (compte rendu OCHA).

« La région de Maradi est secouée par des crises multiformes notamment la crise des réfugiés Nigérians, l‘insécurité alimentaire et la malnutrition. Dans cette situation critique, les enfants sont les plus exposés à la pauvreté, à l’exploitation, à la faim, à l’insécurité, aux souffrances psychologiques et aux maladies. Ces inondations risqueront de faire déborder la vase déjà pleine si une réponse rapide n’est pas apportée » rappelle Issa Oumarou, Chef de Base de Save the Children à Maradi

Les conséquences sur la vie économique et sociale des populations touchées sont énormes. Plus de 1 900 têtes de bétail sont emportées par les eaux, 5 516 hectares de cultures sont engloutis par les eaux et 2 309 champs endommagés dans un pays où la majorité vit de l’agriculture et de l’élevage. L’économie des ménages déjà fragilisée par une soudure qui s’annonce difficile, s’effondre avec la perte des maigres provisions dont disposent les familles, notamment en zone rurale

« Nous n’avons plus rien, les maisons se sont effondrées et l’eau a tout emporté, nous ne savons plus quoi faire » nous confie Tchima Souley, du village de Malam Dawey dans la région de Maradi.

Ces fortes précipitations, ayant couté la vie à au moins 51 personnes au Niger, fragilisent un système de santé déjà précaire. Au Niger, la saison des pluies rime déjà avec paludisme et les eaux stagnantes encore plus importantes constituent des nids pour la prolifération des moustiques et exposeraient les enfants à une crise sanitaire liée au paludisme et le choléra.

Le secteur de l’éducation déjà confronté à l’impact de la pandémie de la COVID-19 sur l’année 2019-2020, subit les affres des pluies diluviennes tomber ces derniers jours. On dénombre au moins 64 classes effondrées et des centaines qui servent d’abris aux populations ayant perdu leurs maisons.

« Si des dispositions rapides ne sont pas prises, cette situation pourrait provoquer des perturbations considérables sur la rentrée scolaire 2020-2021 qui est prévue pour le 1er octobre » avertit Rasha Muhrez, Directrice Pays de Save the Children au Niger

Save the Children au Niger rappelle les conditions déjà difficiles dans lesquelles vivent les enfants au Niger et appelle à une forte mobilisation des autorités nigériennes, de la communauté internationale, de la société civile et des bailleurs de fonds afin d’éviter le pire aux enfants du Niger

« La pandémie du COVID 19, les conflits et les crises alimentaires cycliques ont créé une situation de vulnérabilité criarde au Niger. Ces inondations qui se produisent en pleine période de soudure rendent la vie insupportable pour des milliers de personnes et expose des milliers d’enfants à une vulnérabilité certaines, qui peuvent ouvrir la voie à des abus de toutes formes. Une mobilisation rapide et effective des autorités et de la communauté humanitaire est une nécessité pour éviter le pire » a conclu Rasha Muhrez

Niamey, le 4 Septembre 2020

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