Coronavirus : et après ?

En Europe et aux États-unis où le covid-19 a fait de gros et vilains dégâts, les politiques annoncent, avec la même ferveur médiatique qui nous a fait très peur, des mesures pour gérer la fin de la pandémie. Partout de graves récessions économiques sont attendues et l’idéologie est entrain encore de prendre le dessus malgré les leçons de vie enseignées par la gestion calamiteuse par ces gouvernements de la pandémie du covid-19. Partout des centaines voire des milliers de milliards de dollars ou d’euros vont sortir des planches à billets pour conserver le système économique d’avant ce fichu virus comme pour affirmer que rien ni personne ne peut remettre en cause l’économie de marché. Seulement les médias dominants et leurs ténors ne nous diront jamais que l’argent ne nous ramènera jamais tous les êtres chers que nous avions perdus à cause des priorités dogmatiques qui ont conduit aux choix dans la lutte contre le coronavirus.
Par contre il est à craindre que le capitalisme devienne beaucoup plus agressif dans sa lutte pour sa survie. En effet, ce n’est pas fortuit que l’usine du monde, la Chine, soit déjà dans le collimateur de certaines puissances qui ont compris que la délocalisation industrielle, manufacturière, technique et technologique, a aussi de graves inconvénients même si elle a généré de gros dividendes pour le système financier international.
Il n’est pas exclu donc d’assister à court terme, à un mouvement de relocalisation vers l’Europe et les États-unis de pans entiers d’unités de production établies en Chine dans le but d’une part, de redémarrer les économies occidentales et faire face aux mouvements sociaux importants prévus, et d’autre part, affaiblir dans le même temps la Chine dont la mainmise sur une bonne partie de l’économie mondiale a été révélée par la pandémie de coronavirus.
Au Niger, que faisons nous ?
En dehors des mesures restrictives adoptées et/ou imposées dans la lutte contre la propagation du covid-19, mesures qui ont occasionné des remous sociaux dans nombre de localités, je scrute encore l’horizon pour comprendre le mécanisme prévisionnel mis en place pour l’après coronavirus car il y aura bien un après coronavirus. À l’évidence le milliard annoncé n’a pas été à la hauteur des mesures d’accompagnement qu’espéraient les nigériens pour faire face aux conséquences sur leurs conditions de vie, des multiples restrictions à eux imposées ou recommandées. La débrouille a encore ou est entrain encore de faire des miracles y compris dans la douleur. Mais jusqu’à quand ?
Aussi, n’attendons pas que l’Europe vienne encore nous dicter ce que nous devons faire ou ne pas faire car cette crise sanitaire nous a permis de voir et comprendre grandeur nature, qu’en son propre sein, cette Europe là est incapable de solidarité. N’en parlons pas en ce qui concerne l’Afrique car en dehors de Deby qui avait fait son escapade dans les îles du lac Tchad pour y détruire Boko Haram, la consigne a été partout la même : restez chez vous. Il n’y a ni à boire ni à manger ? Restez chez vous ! Vous n’avez pas de chez ? Heureusement, entre-eux les gens ont encore un peu d’empathie les uns à l’égard des autres.
Le prix du pétrole s’est effondré à cause des moyens de transport cloués au sol ? Les nigériens dont le pays produit du pétrole continuent depuis 10 ans à payer le même prix à la pompe ! Et pourtant il y a quelques jours des détenteurs de stocks importants ont même payé leurs clients pour qu’ils viennent débarrasser leurs entrepôts.
Un tout petit geste en faveur de la diminution du prix de l’essence à la pompe aurait certainement convaincu les nigériens mieux que le gaz lacrymogène ou les emprisonnements de ceux-là qui exprimaient leur colère face à l’absence de toute mesure d’accompagnement.
Il faut donc garder les yeux bien ouverts car il n’est pas exclu que pour sa reconstruction et sa quête de moyens pour contenir les mouvements sociaux à venir, en plus de ceux qui ont ébranlé Macron avant le coronavirus, que la France comme à son habitude, ne se retourne vers ses néocolonies africaines pour un pillage en règle des ressources qui s’y trouvent, accentuant ainsi la pauvreté endémique dans laquelle vivent les peuples de ces néocolonies.
Osons pour une fois et par nous-mêmes, élaborer des plans de relance et de développement de notre économie qui seraient conformes aux aspirations de notre peuple.
Tout le monde dit des bouts de lèvres que la situation du monde ne seŕa pas comme l’avant coronavirus. Montrons que pour notre part, nous y croyons.
Vivement donc un programme économique pour l’après coronavirus pour que nous ne nous contentons plus de faire comprendre ou expliquer pourquoi nous sommes dernier sur terre en terme d’indice de développement humain. Comme le dit un adage zarma : c’est pour ne pas souffrir de nausée qu’il est recommandé de laver les mains avant de manger.
Lavons donc bien nos mains.
Ibrahima Hamidou

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