CONFERENCE PUBLIQUE (PAGOD) : Femmes battantes, osez aller jusqu’au bout !

(Niamey – Samedi 29 Février 2020) Selon la carte de la participation politique des Nations Unies, le Niger se classe au 123ème rang sur 191 pays, avec 17% de femmes parlementaires, dont 29 femmes et 142 hommes. La proportion de femmes ministres est de 13% environ soit 8 femmes au gouvernement sur 42. Au sein de la Commission Electorale Nationale indépendante (CENI) il n’y a aucune femme dans le Comité directeur. Il s’ensuit qu’au niveau des représentations diplomatiques et consulaire, on compte  23 ambassadeurs contre 06 femmes ambassadrices, 6 consuls dont 2 femmes. Pour les cadres de commandement, l’on dénombre deux (2) femmes préfet, une SG de préfecture. Quant à la proportion des sièges occupée par les femmes à l’Assemblée Nationale, elle est passée de 1,2% (1/83) en 1999 avant la loi sur le quota, à 16,96% (25/171) avec les élections générales de 2016.

IMG_0110C’est donc un fait établi : Au Niger, bien que majoritaires de la population avec un taux de 50,3 %, les femmes sont peu représentées dans les instances décisionnelles. C’est du reste, le constat qui a été largement développé par Mme Ibo Fourératou Issoufou Secrétaire Exécutive de l’Observatoire National pour la Promotion du Genre rattaché au Cabinet du Premier Ministre. C’était dans la salle de réunion de la Maison de la Presse au cours d’une conférence publique organisée par le Programme d’Appui à la Gouvernance Démocratique (PAGOD).

A l’entame de la conférence, le coordinateur communication et plaidoyer du PAGOD, M. INGAY Issoufou a situé l’objectif de ce programme qui vise le renforcement du processus démocratique en cours au Niger afin de consolider la Paix et la stabilité sociale dans le pays.

IMG_0013Des femmes et jeunes filles leaders, fonctionnaires, responsables des ONGs / Associations, chefs d’entreprise, femmes des partis politiques toutes obédiences confondues ont participé à ce débat public dont le thème central a porté sur : « l’Implication de la femme dans le processus politique au Niger ». Un sujet estimé pertinent par les participants au regard du processus électoral en cours dans notre pays ainsi que des grands défis qui se dressent devant la femme nigérienne. Parmi ces défis se classent la prévalence du « modèle politique masculin » ; le manque de soutien financier des partis aux femmes candidates, Insuffisance de la formation à la citoyenneté responsable; le manque d’orientation des jeunes femmes vers la vie politique ; la violence verbale infligée aux femmes candidates surtout non mariées; la stigmatisation des femmes et des filles; le manque d’informations sur le processus d’enregistrement et de composition des dossiers etc.

Parlant de l’engagement des femmes en politique, la Conférencière a affirmé que : « le statut social hiérarchisé favorise les hommes dans l’arène politique. Les facteurs qui limitent l’émergence de la femme sont le faible niveau d’instruction et de son accès limité à l’information, sa méconnaissance des droits et son faible pouvoir économique et politique »

IMG_0058Au plan politique, poursuit-elle, les femmes participent activement à la mobilisation des électeurs au niveau de tout le processus; elles animent les campagnes électorales et femmes représentent au moins 50% de l’électorat amis elles sont mal servies par le système politique. En outre, les pesanteurs socioculturelles ne favorisent pas la participation de la femme nigérienne à la vie publique. Or, fait-elle remarquer, le système électoral d’un pays est un moyen important de promotion d’une représentation politique équitable.

 Dans son exposé, Mme Ibo Fourératou Issoufou a également mis l’accent sur les instruments juridiques nationaux et internationaux de promotion et de protection des droits de la Femme. Avant de conclure, elle a proposé aux femmes de continuer à lutter sans relâche, d’oser aller jusqu’au bout tout en exploitant leur potentiel humain. Aux formations politiques, d’encourager les femmes à occuper des postes clé de responsabilité en leur sein; aux décideurs d’œuvrer pour l’autonomisation des femmes. « La marche vers la parité c’est aujourd’hui pour un monde sans discrimination » a conclu Mme Ibo Fourératou Issoufou

 Les réactions suscitées par la communication ont permis davantage de mieux cerner les enjeux liés à l’engagement de la femme nigérienne en politique. Toute chose qui, selon M. INGAY Issoufou, participe de la vision du PAGOD à encourager  l’inclusion politique des femmes et des jeunes.

Ibrahim Mohamed / niameysoir.com

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PHOTOS : NIAMEY-SOIR

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