CLIMAT : Le fait de l’homme et le changement climatique


 

(Niamey – Mercredi 16 Novembre 2022) Selon le Rapport Groundwell Afrique de la Banque Mondiale (2021) – D’ici 2050, si aucune mesure concrète n’est prise en matière de climat et de développement, jusqu’à 32 millions de personnes en Afrique de l’Ouest pourraient être contraintes à se déplacer à l’intérieur de leur pays, en raison de la pénurie d’eau, de la baisse de la productivité des cultures et de l’élévation du niveau de la mer, exacerbée par les tempêtes.

L’Afrique est au cœur du débat de la communauté internationale sur les changements climatiques dont elle subit le plus les effets néfastes avec peu de réponses pérennes pour y faire face. Le nombre d’habitants des zones arides vulnérables aux stress hydriques, à l’intensité des sécheresses et à la dégradation des terres atteindrait 178 millions de personnes en 2050 avec un réchauffement de 1,5°C, une augmentation à 220 millions de personnes avec un réchauffement de 2°C (GIEC, 2020). A cela s’ajoute la pauvreté chronique qui sévit dans certaines régions. Ces conditions météorologiques extrêmes ou contraintes climatiques freinent des secteurs sensibles tels que l’agriculture pluviale pour les services économiques et les moyens de subsistance.

Niger, un pays vulnérable aux effets dommageables des changements climatiques,

Un constat des zones vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques dans les huit (8) Régions du Niger montre que les phénomènes les plus significatifs au niveau de toutes les régions sont les sécheresses avec comme conséquences : famines; dégradation de l’environnement, exode rural, assèchement des points d’eau, mort des animaux, les inondations, les invasions des ennemis de cultures et les maladies.

En outre, le surpâturage, le défrichement des terres forestières aux fins agricoles, la destruction des forêts pour la satisfaction des besoins en bois énergie et de service et pour les besoins fourragers pour le bétail (surtout le pâturage aérien), les mauvaises pratiques de récolte des produits pour la pharmacopée traditionnelle, et les feux de brousse sont autant d’activités humaines qui contribuent à la disparition du couvert végétal favorisant ainsi la dégradation des terres.

En clair, les activités anthropiques destructrices des ressources naturelles, aggravées par les conditions climatiques drastiques, ont entraîné l’appauvrissement des terres agricoles et des espaces pastoraux dans les zones plus peuplées et/ou sèches. Il résulte comme conséquence la migration des agriculteurs et des éleveurs de leurs terroirs vers les zones les plus favorables et l’exode rural vers les centres urbains et les pays voisins. Pour cause, les sécheresses récurrentes et la variabilité climatique ont engendré une réduction de la production et des rendements.

Ibrahim Mohamed

(Reportage réalisé avec l’appui de International Média Support)