SECURITE : Atelier sur le renseignement de la région du lac Tchad à Niamey

Discours de la Directrice du Renseignement au Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) le Contre-Amiral Heidi Berg

A l’occasion de l’Atelier sur le renseignement de la région du lac Tchad à Niamey

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Merci Général Mohamed pour vos observations pertinentes.

Bonjour, chers Amiraux, Généraux, distingués invités.

Je suis très heureuse d’être ici avec vous aujourd’hui en tant que co-organisateur de l’Atelier sur le renseignement de la région du lac Tchad de 2019, ici à Niamey au Niger.

Tout d’abord, au nom du Commandement des États-Unis pour l’Afrique et de notre nouveau Commandant, le Général Townsend, je voudrais remercier les citoyens, les responsables gouvernementaux, les responsables militaires et les médias du Niger pour l’accueil chaleureux offert aux troupes des pays contributeurs pour la Force Multinationale Conjointe.

Nous avons le plaisir d’accueillir des chefs des services de renseignement de l’armée du Quartier Général de la Force Opérationnelle Multinationale du Niger, du Nigéria, du Cameroun, du Tchad, du Bénin, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France.

Je souhaite la chaleureuse bienvenue aux chefs de ces distinguées délégations, à savoir le Colonel Baningo (bah-Ning-go) du MNJTF G2; le Général de Division Abraham (ABE-rah-ham), Adjoint au Directeur de la Defense Intelligence Agency du Nigéria; le Général de Brigade N’Garé (nih-GAR-ray), Directeur des opérations de renseignement du Tchad; le Capitaine Lame (la-MAI), Directeur du renseignement militaire du Cameroun; le Colonel Yacoubou (yah-COO-boo), Directeur du renseignement militaire du Bénin; le Colonel Baloche (bah-LOSH), Commandant de la cellule de coordination et de liaison nouvellement arrivé et appuyant le Quartier Général de la MNJTF; et le LCDR Cox, de la Cellule de Fusion du bureau de Liaison Britannique du Nigéria.

J’aimerais aussi souhaiter la bienvenue à mes collègues américains, Madame Gilbert, Directrice adjointe du renseignement pour l’Afrique du bureau du renseignement national; Monsieur Ford, Directeur adjoint pour l’Afrique, le Moyen-Orient et le Centre de mission pour l’Afrique de l’Agence de renseignement du Département américain de la Défense; et mon adjoint, Monsieur Bender, de la Direction du Renseignement du USAFRICOM.

Vous remarquerez que l’événement de cette année est plus privé que la Conférence de la région du bassin du lac Tchad de l’année dernière. Cet «atelier» est conçu pour réunir un plus petit cercle de professionnels du renseignement afin de maximiser les possibilités de discussions.

Nous avons choisi ce thème, «Intégration des opérations de renseignement» avec votre apport. Ainsi, ensemble, nous pourrions mieux faire progresser notre compréhension des menaces, renforcer notre capacité à partager des ressources et notre expertise, et organiser et concentrer nos forces dans un but commun.

Cette année, l’accent est mis sur «l’intégration» qui met en évidence le rôle crucial que le renseignement joue dans la définition de l’action militaire. Par exemple, les informations détenues par un analyste camerounais peuvent être la clé pour comprendre où et comment un groupe armé à travers la frontière envisage d’agir. Comme nous le savons tous parfaitement, savoir pourquoi, où et comment un ennemi agira est l’élément essentiel d’une action militaire efficace.

Au cours des deux dernières années, le Niger, le Cameroun et le Tchad ont élargi leur capacité de collecte d’informations grâce à l’acquisition d’aéronefs C208, bien que chacun ait adopté une approche différente en ce qui concerne l’utilisation de cet aéronef et du matériel de communication associé.

Cet atelier est une occasion de comparer et d’opposer des opérations nationales et d’identifier des opportunités communes pour exploiter cette plate-forme de collecte et d’autres plates-formes de collecte, qu’elles soient aériennes ou autres, contre des ennemis régionaux. À une époque où les ressources sont limitées, cet atelier est également l’occasion de discuter de la façon de partager notre intelligence, notre formation et nos forces organisationnelles respectives dans un intérêt mutuel.

Dans cet esprit, nous avons un programme agressif. Ce matin, nous nous concentrerons sur les groupes extrémistes violents de la région du lac Tchad, en particulier sur l’EI en Afrique de l’Ouest et Boko Haram. À travers des discussions et des débats collégiaux, nous nous efforcerons d’obtenir une image commune du renseignement, tout en éclairant nos désaccords analytiques et nos lacunes en matière de renseignement, de manière plus durable.

Cet après-midi, le Colonel Baningo (bah-NING-go) et ses partenaires du CCL nous familiariseront avec les opérations de renseignement et les informations manquantes du Quartier Général de la MNJTF. En tant que groupe, nous devons mener une discussion détaillée et nuancée sur les obstacles spécifiques à l’intégration du renseignement et des opérations d’intégration. Nous en avons tous discuté à un niveau stratégique et au sommet dans le passé, mais nous devons aller plus loin, avec autant de spécificité que possible, afin de pouvoir nous concentrer sur le développement de solutions face à ces obstacles.

Les «solutions» se présentent rarement comme une action unique et nette. Nous n’avons pas de «bouton facile» sur lequel nous pouvons appuyer dans cet environnement d’exploitation complexe, mais une vision commune rendra nos défis communs gérables. Une interopérabilité et une coopération durables sont mieux enracinées dans une doctrine compatible et une formation commune. Demain après-midi, le Nigéria et le Cameroun discuteront aussi de leur approche en matière de développement des professionnels du renseignement.

Enfin, je vous invite à examiner le chevauchement entre le renseignement militaire et les droits de l’homme et à discuter de moyens pratiques d’intégration des freins et contrepoids garantissant l’état de droit lors de nos opérations contre des organisations extrémistes violentes.

Chaque jour, des groupes extrémistes perturbent ou détruisent davantage de vies, menacent de démanteler davantage les structures de nos communautés déjà mises à rude épreuve par les réalités environnementales et sociales changeantes, et suscitent d’autres conflits. En tant que professionnels du renseignement, il est essentiel que nous aidions nos frères et sœurs d’armes à assurer une sécurité adéquate pour que nos communautés puissent à nouveau progresser vers la résolution politique et la prospérité économique.

L’urgence de ce travail est évidente dans le nombre de professionnels du renseignement de premier plan qui consacrent leur temps cette semaine à cet événement et notre engagement collectif à agir. Nous devons cela à la mémoire de ces hommes et femmes courageux qui ont donné leur vie pour protéger les civils et l’état de droit dans la région du lac Tchad.

J’attends avec impatience ces deux journées de débats rigoureux et de nombreuses années à venir de partenariat et de coopération continus. Ce n’est que par notre engagement et nos efforts communs que nous pourrons lutter efficacement contre ces menaces à notre sécurité et à notre prospérité régionales. Merci à tous et aussi à nos partenaires nigériens de nous accueillir pour cet atelier sur le renseignement de la région du lac Tchad.

A présent, nous pouvons commencer.

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