POLITIQUE : Le dialogue politique inclusif démarre mal

Le Peuple Nigérien et la Communauté internationale ont été témoins de la reprise de ce qu’il est convenu d’appeler  « dialogue politique inclusif » au Niger. Il s’agit d’un processus entamé au sein du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) et qui a  été conduit par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement SEM Brigi Rafini. Autour de lui, se trouvaient les principaux leaders de la classe politique dans sa diversité (majorité au pouvoir, opposition et partis politiques non-affiliés).

Le même jour, (2 Novembre 2019) un mémorandum a été publié par l’opposition qui semblait revenir sur certains reproches faits à la situation politique notamment le « processus électoral non inclusif, le caractère non consensuel du code, blocage du dialogue politique ».

En dépit de tous ces les espoirs suscités par cette démarche, le Gouvernement semble jouer double jeu.

De quoi s’agit-il réellement ?

Selon des informations en notre possession, le chef de file de l’opposition aurait écrit au Premier Ministre pour marquer son étonnement  de ne l’avoir pas concerté avant de signer l’acte portant création du cadre de dialogue politique inclusif. Et cela, alors même que le relevé des conclusions de la première rencontre n’est pas encore adopté au CNDP qui regroupe environ deux cent (200) formations politiques tous bords confondus. Le plus choquant, poursuit la même source, est qu’en l’espèce ni la dénomination du cadre ni la nature de l’acte consacrant sa création encore moins les règles de son fonctionnement et des questions n’ont fait l’objet d’un accord formel.

Du coup, l’opposition politique aurait transmis au Gouvernement, un autre projet de décret qui lui semble le mieux adapté aux préoccupations de l’heure. Le FRDDR (le principal front politique de l’opposition) aurait à l’occasion signifié au Premier Ministre Brigi Rafini que l’importance des questions à traiter requiert l’implication personnelle du Président de la République à travers un acte juridique supérieur à l’arrêté.

Si ces échanges épistolaires se confirment, le moins que l’on puisse dire est que le « dialogue politique inclusif » démarre mal d’où la crainte d’un rebondissement dans un contexte national exacerbé par la crise sécuritaire et l’urgence humanitaire dans les régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Tillabéry.

Dans tous les cas, il est à espérer que la classe politique sache placer l’intérêt du Niger au-devant de toute autre considération afin de créer les conditions optimales d’une stabilité politique et sociale dans le pays.

Abdoulaye Abdourahamane

niameysoir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *