Le front social en effervescence: une vague d’arrestations à Niamey

Le déroulé des événements par « NIAMEY-SOIR »

IMG-20180325-WA0095kkCe dimanche 25 Mars 2018, dans l’après-midi, les rues de Niamey la ville capitale du pays étaient sous les flammes des pneus et de la fumée des gaz lacrymogènes. Résultat de l’affrontement qui a duré plusieurs heures entre éléments de la police nationale et manifestants de la société civile protestant contre la loi des finances 2018 en vigueur depuis le 31 décembre 2017.

Auparavant, rappelons que le Cadre de Concertation et d’Actions Citoyennes (CCAC) des OSC engagées dans la lutte contre la Loi des finances 2018  a décidé, vendredi dernier, d’un léger réaménagement dans l’organisation de la marche qu’il projetait de tenir  ce dimanche 25 Mars 2018. Ledit réaménagement a principalement porté sur le décalage des horaires de la marche, le soir au lieu de la matinée.

IMG-20180325-WA0110Mais entre-temps, la manifestation sera interdite par la Ville de Niamey pour des raisons de sécurité.  Le Gouverneur sortant de la Région Seydou Ali Zataou animera à cet effet un point de presse sur la Télévision Nationale pour mettre en garde les trois organisations de la société civile (AEC, MPCR et CROISADE)  en rappelant que « l’interdiction de ladite manifestation reste et demeure et que la loi sera appliquée dans sa vigueur contre les contrevenants ».

La société civile durcit le ton arguant aux forces de l’ordre la maxime populaire que : «  nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal ». C’est ainsi que du samedi au dimanche, des  agents de renseignements auraient blanchi la nuit à surveiller les mouvements des ‘’généraux’’ de la société civile.

De l’arrestation de Moussa Tchangari

DSCN0188En début de matinée, les locaux de l’Association Alternative Espace Citoyen (AEC) seront assiégés par trois (3) véhicules avec une trentaine d’éléments de la police et des motos cross. D’autres véhicules ont occupé au même moment la place Toumo, le lieu prévu pour le rassemblement. Au Siège de l’AEC, aux environs de midi  M. Moussa Tchangari, secrétaire Général de l’AEC est arrêté par la police judiciaire.

 De l’arrestation de M. Ali Idrissa  et de M. Adamou Idrissa

DSCN0225Ali Idrissa, Coordonnateur du Réseau des Organisation pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB), également responsable du CROISADE sera à son tour arrêté par les éléments de police nationale au Siège du Mouvement pour le Patriotisme et la Citoyenneté Responsable (MPCR) présidé par Nouhou Mahamadou Arzika. Ali Idrissa est arrêté au même moment avec  M. Adamou Idrissa, Président du NCC.

De l’arrestation de M. Nouhou Mahamadou Arzika Président du MPCR

DSCN0232Un des plus grands absents de cette journée, Nouhou Mahamadou Arzika, serait resté toute la journée à son domicile (certainement à cause de l’interdiction de la marche) jusqu’au soir peu après une intervention sur la Radio ANFANI de Niamey. Puis il sera arrété à 19h 30 au Cabinet de Maitre Lirwana par des éléments de la police Nationale.

De l’arrestation de Maitre Lirwana Abdourahamane (le juriste de la société civile)

DSCN0175Il a été cueilli à sortie du Groupe de Presse LABARI après une invitation qui lui a été accordé sur le journal télévisé dudit organe. Maitre Lirwana Abdourahamane  se prononçait justement sur le déroulé de tous ces évènements en rappelant comment on en est arrivé là ? Il disait être surpris de n’avoir pas été arrêté en tentant de convaincre l’opinion publique sur les violations des droits de l’homme et des libertés publique au Niger. On apprend qu’il est reproché à Maitre Lirwana d’avoir incité au soulèvement populaire par voie de presse.

De la fermeture du Groupe de Presse LABARI

1379546_423955337727077_809536102_nAu moment où nous mettions en ligne cet article, nous apprenons la suspension des programmes du groupe de presse indépendant Labari par des éléments de force de l’ordre. Selon certains confrères de LABARI, la police dit venir récupérer le fichier audio de l’intervention de Me Lirwana qui a fait le bilan des arrestations sans mandat du Conseil Supérieur de Communication (CSC). Un véhicule de la police est à l’instant stationné devant le groupe de presse Labari. (Affaire à suivre…..)

niameysoir.com