La marche inopportune de la majorité au pouvoir d’État : Issoufou désapprouve !

Jouissant d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale et d’une alliance forte constituée de ‘’toutes’’ les obédiences politiques, le Président de la République, Chef de l’État, Issoufou Mahamadou, au-dessus de la mêlée du brouhaha politique, n’a besoin de quelque démonstration de force pour prouver sa légitimité qui du reste n’est  pas un sujet à l’ordre du jour.

Issoufou sait, mieux que son proche entourage et ses alliés, qu’il n’est pas seul. C’est en connaissance de cause qu’il n’a de cesse insisté sur un changement de comportement par la remise des nigériens au travail car disait-il  « Le changement de comportement est la principale aide que j’attends de tous: changement de comportement dans la gestion du temps qui est la ressource la plus gaspillée dans notre pays, changement de comportement par rapport au travail, changement de comportement dans le rapport avec les biens publics… ‘’

De ce point de vue, le Président Issoufou Mahamadou ne doutant point du soutien du peuple qui l’a élu ne peut approuver ni cautionner que  la mobilisation inopportune voire couteuse de la rue soit une réplique aux revendications d’une frange du peuple qui a voulu se faire entendre. Et ce, dans un contexte de blocage du dialogue politique, des menaces sécuritaires complexes sans ignorer les tourbillons des multiples défis de développement du Niger que le Président Issoufou veut Émergent pour le bien du peuple. Jouissant de ses vingt (20) ans d’expérience passée à l’opposition politique, le Président Issoufou a certainement su découvrir la faculté de raison des citoyens et reconnaître le droit de tous les Nigériens à participer à la définition du destin de la nation par le débat public et ou le dialogue.

Malheureusement, au lieu de créer les conditions optimales d’un dialogue social franc et honnête avec les partenaires sociaux, le Niger est un des rares pays où un président de l’Assemblée Nationale, un premier ministre, des Ministres d’Etat, députés nationaux, Directeurs Généraux des Sociétés d’État, Chefs d’institution de la République participent aux soulèvements de la Rue, sous le soleil de midi, pour répondre tantôt aux lamentations d’une opposition politique en désarroi tantôt aux revendications des scolaires, enseignants, infirmiers, mouliniers, syndicats qu’on retrouve dans le condensé de ce qu’il est convenu d’appeler : « société civile ».  S’il faut reconnaitre les réalisations apodictiques du Président de la République, l’histoire retiendra que du fait des manœuvres souterraines de son proche entourage, la Renaissance aura le mérite de la gestion syndicale des affaires d’État.

Il est évident que le Président Issoufou Mahamadou qui a toujours prôné les valeurs du travail et du mérite ne peut ni approuver ni tolérer cette perte inédite du sens de l’État.

Le débat sur la loi des finances 2018 n’est pas un concours de démonstration de force sur la légitimité du régime en place ni sur quelque échec du programme du Chef de l’État. C’est un débat sur l’amélioration du mieux-être global des nigériens. Ce n’est pas un débat sur la loi du nombre comme certains thermidoriens de la Renaissance qui ont perverti les Valeurs et les principes fondateurs du PNDS-Tarayya s’évertuent à le faire croire aux Nigériens.

Dans l’esprit, la Démocratie est certes la loi du nombre. Dans la lettre, cela ne doit en aucun cas signifier la dictature du plus fort sur le plus faible ou l’exclusion du faible par le fort de la gestion quotidienne des affaires de la Cité. Le jeu démocratique ne doit jamais se limiter à un concours sempiternel et inopportun de démonstration de forces pendant que le Niger fait face aux multiples défis de développement qui nous appellent tous à la Cohésion sociale ainsi qu’à la Consolidation de l’Unité Nationale.

Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou

                 Écrivain du Sahel