la Conférence nationale souveraine : Quel bilan objectif après 28 ans ?

Aujourd’hui 29 juillet 2019, date du 28 ème anniversaire de la tenue des assises de la conférence nationale souveraine du Niger.  Certes les forces vives de la nation s’étaient mobilisées comme un seul homme derrière l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN), la seule centrale syndicale unique de l’époque et l’Union des Étudiants Nigériens (USN) fer de lance de la lutte démocratique pour exiger et obtenir l’organisation de la conférence nationale souveraine et le multipartisme politique intégral en vue de discuter avec sérieux et trouver des solutions heureuses aux problèmes qui se posaient au Niger.

Après vingt huit (28) ans de la tenue de la conférence nationale souveraine, quelles leçons faut-il tirer de ce grand événement historique qui a marqué la vie de notre pays ? Sur le plan politique la revendication du multipartisme intégral a été obtenue. La problématique qui se pose : est-ce que ce multipartisme politique intégral, est-il le bon panaché , par rapport à la spécificité du Niger ?

Les institutions démocratiques et républicaines ont été installées.

Cependant la situation socio-économique du Niger reste encore à être améliorée, car le pays est toujours dernier du monde selon le classement de l’indice du développement humain des Nations Unies (IDH). Ce classement est surtout dû, entre autres, au manque de performance dans les secteurs sociaux à savoir, l’éducation, la santé, l’accès à l’énergie et à l’eau potable.

Sur le plan démocratique, certains nigériens confondent aujourd’hui la démocratie au laisser-aller, au laisser faire, à la raison du plus fort est toujours la meilleure. L’anarchie ne va pas de paire avec une bonne pratique démocratique.

La politique est un art de gérer la cité, dans la concorde sociale , le fair-play, le respect de l’adversaire, en cultivant l’unité nationale , la discipline, dans la diversité politique et culturelle. Les agitations politiques et les guerres de clochers qui se multiplient dans plusieurs états-majors des partis politiques , si nous ne prenons pas garde risqueraient de donner malheureusement raison à ceux qui pensent à tort ou à raison que notre pays n’est pas prêt pour une pratique démocratique saine , dépourvue de toute pollution et travers politiques qui sont en déphasage avec nos réalités socio-culturelles.
Les organisations syndicales , les associations de défense des droits de l’homme, à la remorque des organisations politiques, poussent aujourd’hui comme des champignons sans que cela ait un impact positif sur le niveau de vie des citoyens auxquels elles prétendent assurer le bonheur.

Le comportement de certains acteurs sociaux laisse à désirer.

Il y a aujourd’hui autant des partis politiques que des organisations de la société civile. Malgré ce nombre pléthorique, la qualité de l’exercice des libertés publiques, de la démocratie, reste encore à être améliorée. Par conséquent il reste beaucoup à faire. La situation socio-économique actuelle de notre pays exige de chaque nigérien un minimum de sacrifice, de don de soi-même pour permettre au pays de prospérer.

La démocratie pour laquelle nous avons tant consentis des sacrifices reste encore à être consolidée.

La problématique qui se pose aujourd’hui : est-ce que le personnel politique nigérien est conscient du danger qui guette le pays par sa faute de manque de consensus national nécessaire acceptable par tous pour organiser les élections générales, libres et démocratiques ? Telle est la réflexion à chaud que suscite en moi cet anniversaire de la conférence nationale souveraine, en tant qu’ancien acteur de la dite conférence.

À bon entendeur salut !

Issoufou Boubacar Kado MAGAGI.

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