La 2ème décade du mois de ramadan, une autre étape

Dans le cheminement de l’observance du jeûne, il faut garder un rythme progressif en persévérant dans le dévouement  à  Allah. L’endurance est une vertu recommandée en Islam. Être endurant dans la difficulté comme dans l’aisance est d’un grand mérite. Toute l’adoration (la vie du croyant) se résume à l’endurance dans l’accomplissement des bonnes œœuvres, dans le délaissement des péchés et les choses répréhensibles, et la patience dans l’épreuve.

D’après Abou Said Al-Khoudrîy (qu’Allah l’agrée), le Prophète (prière et salut d’Allah sur lui) a dit : « Celui qui jeûne un jour dans le sentier d’Allah, Allah éloigne son visage de l’enfer d’une distance de 70 ans (c’est à dire de la distance que l’on parcourt en 70 ans). » (Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim).

Le croyant continue alors de purifier son intention en vouant exclusivement le jeûne à son Créateur durant les jours restants.

Profiter du ramadan pour changer de comportement 

Le jeûne de ramadan est une école pour le musulman. Il faut en profiter afin qu’il nous fasse atteindre la piété, but pour lequel il a été prescrit. Le jeûne permet d’abandonner progressivement certaines pratiques malsaines et nuisibles, que ce soit pour le corps ou pour l’esprit ; deux dimensions ayant des droits sur nous. On doit alors les préserver et les épanouir dans le bien.

Le musulman, avec sa nature humaine, est bien entendu sujet à certaines désobéissances. Il est ainsi tenté de poser parfois quelques actes répréhensibles. Or la violation de tout interdit participe au fléchissement de la foi. Ces actes sont appelés les petits péchés par rapport aux grands qui sont mentionnés et considérés comme tels dans le Coran et dans la Tradition du prophète (prière et salut d’Allah sur lui). Les grands péchés, quant à eux, destinent un châtiment précis dans l’au-delà et d’autres font renier la foi – sauf si le coupable s’en repent. À noter que les petits péchés accumulés peuvent avoir le même sort qu’un grand péché.

Le jeûne est une parfaite occasion offerte à tout désobéissant de revenir vers son seigneur et de se réformer ; pour celui qui néglige sa prière de se ressaisir ; pour le buveur d’alcool et le fumeur de s’en affranchir ; pour les mauvaises langues et les tricheurs de sentir la proximité de Dieu… « Et quiconque se repent et accomplit une bonne œœuvre, c’est vers Allah qu’aboutira son retour. » (Sourate Al-Furqan, verset 71).

Le jeûne fait penser aux pauvres

A travers le monde et autour de nous il y a des hommes et des femmes qui vivent au quotidien la privation, pas comme adoration mais la réalité de leur vie. Ils ne mangent qu’une seule fois par jour ou ne trouvent même pas à manger des jours durant.

De ce fait,  l’Islam incite beaucoup à la solidarité et à la fraternité. Le prophète était un homme très généreux et l’était plus dans le mois béni de ramadan pour montrer à quel degré il est important de partager au nom de la foi. Le voisin pauvre a droit sur nous dans notre aisance, tout comme nos proches et amis.  Plus largement, les pauvres, les orphelins, les prisonniers et tous les invalides ont des droits sur la communauté ayant l’obligation de les aider et les soutenir pour une vie décente. Et cela s’atteste dans le Coran avec éloquence : « Et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier. » (Sourate Al-Insan, verset 8).

Le Messager d’Allah (prière et salut sur lui) était très proche des démunis et charitable avec eux, en même temps qu’il encourageait les bras valides au travail et à l’indépendance matérielle. Sa propre vie était d’ailleurs sobre. D’après son épouse Aicha,  » il n’a jamais mangé 2 fois par jour du pain avec de l’huile (repas prisé à l’époque) jusqu’à satiété et cela jusqu’à ce qu’il ait quitté ce monde.’’ (Rapporté par Mouslim).

Nous avons aujourd’hui beaucoup à partager avec les déshérités. Des vêtements que nous ne portons feront la fierté d’autres personnes, la quantité de nourriture que nous négligeons donnera l’espoir aux pauvres, notre sourire au besogneux illuminera certainement son visage.

Le mois de ramadan, mois du coran

Le mois de ramadan est celui durant lequel le Coran a  été  graduellement révélé au Prophète (prière et salut d’Allah sur lui), durant les 23 ans qu’a duré sa mission.

« Le mois de ramadan au cours duquel le coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement […]»  (Sourate Al-Baqara, verset 185).

Ce livre est source d’adoration, de législation et de méditation. C’est un guide et une constitution pour les musulmans. Il contient les sagesses des autres prophéties, en plus de celles enseignées au prophète. Lire le coran est un acte d’adoration pour renforcer sa foi par la méditation profonde. Le coran est le compagnon intime du  mois de ramadan. Lire le coran, l’écouter, méditer sur le sens de ses versets, sont les taches à intensifier durant ce mois béni, mois du coran.

Ishaq  Chitou