Justice : Procès des éléments présumés de Boko Haram au Niger

Une semaine après l’ouverture des audiences foraines à Diffa pour juger des présumés éléments de la secte terroriste Boko-Haram, les premières sentences sont connues. Dix-sept (17) prévenus ont été condamnés, vingt et un (21) relaxés et quatre (4) accusés ont vu leurs procès renvoyés pour mise en état des dossiers.

Six (6) jours durant, les juges du pôle judiciaire spécialisés en matière de lutte contre le terrorisme ont tenu les audiences qui ont porté les premiers résultats. Dix-sept (17) condamnations ont été prononcées. Les peines vont de deux (2) à sept (7) ans de prison. Parallèlement, vingt-un (21) prévenus ont été relaxés au cours d’un procès auquel ont assisté les populations locales. Ces audiences foraines ont, en effet, suscité un véritable engouement au sein de la population de Diffa. Ils étaient nombreux à suivre de près le déroulé de ces jugements. Ce qui constitue un gage supplémentaire de transparence selon le procureur de la République M. Chaibou Samna qui disait : «les avocats étaient là, les témoins étaient là, les traducteurs étaient là, les prévenus étaient là, les éléments de preuves ont été rapportés devant eux et discutés contradictoirement ». Dans les rangs des prévenus figuraient plusieurs nationalités dont nigériane et tchadienne.

Ces procès ont permis à plusieurs détenus de retrouver enfin leur liberté. La question de leur réintégration se pose tout naturellement. Comment se fera-t-elle ? La région de Diffa se prépare, dit-on, à accueillir ‘’ces enfants égarés’’ à travers des projets de développement. Ces projets bénéficient du soutien des partenaires comme l’Union européenne, le PNUD ou encore la coopération française. Mieux, le procureur estime que: « les populations qui sont là, qui ont suivi les débats, vont pouvoir les accepter, comprendre que les dénonciations n’étaient pas fondées. Ces personnes vont être beaucoup plus facilement acceptées par les populations qui les ont observées, écoutées, qui ont suivi le déroulement de l’audience». C’est du reste l’un des objectifs visé à travers la délocalisation de ces procès à Diffa car, apprend-on, les affaires du terrorisme sont jugées par un pôle judiciaire spécialisé institué auprès du tribunal de grande instance hors classe de Niamey.

Ces procès sont les premiers d’une série qui sera délocalisée dans la capitale du Manga qui a connu les attaques de Boko Haram. Ils sont plus d’un millier les prévenus qui y seront jugés.

M.I