Justice: Maitre Lirwana s’enfonce le clou

Jeudi 12 juillet 2018, Maitre Lirwana Abdourahamane a été interpellé à la Police Judiciaire de Niamey. Selon une source proche du dossier, il est interpellé sur plainte du doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey. Il est reproché à Maitre Lirwana Abdourahamane d’avoir porté de graves accusations de corruption relativement à leur arrestation. Maitre Lirwana Abdourahamane a accusé le magistrat d’avoir eu une promesse du gouvernement pour un montant de trente (30) millions de FCFA a versé en trois (3) tranches soit 10 millions de FCFA par mois) contre leur détention en prison.

Assurément, ladite interpellation a pour objet de demander à Maitre Lirwana Abdourahamane de brandir la preuve des allégations faites à l’encontre de ce magistrat au cours des débats lors du procès du 10 juillet, apprend-on toujours d’une source proche du dossier. En effet, à la fin du procès, le juge de l’audience a demandé à chaque accusé de dire son mot de la fin. C’est ainsi qu’après les passages de Nouhou Arzika et Moussa Tchangari, Lirwana Abdourahamane a insisté pour prendre la parole. C’est à ce moment, qu’il a tenu des propos discourtois à l’égard du doyen des juges d’instruction. Lirwana Abdourahamane l’a accusé d’être à la solde du régime pour régler des comptes aux activistes de la société civile.

Pour rappel, Lirwana Abdourahamane est membre du cadre de concertation et d’actions citoyennes de la société civile. Il est détenu depuis le 28 Mars pour participation à une manifestation interdite et destruction des biens publics. Déjà, une peine d’un an  d’emprisonnement et une amende 50.000 FCFA sont requis contre lui lors du procès du 10 juillet dernier. Cette interpellation qui intervient quelques jours seulement après ce procès, soulève beaucoup de spéculations et d’interprétations au sein des organisations de la société civile qui y voient de l’acharnement.

Il est clair que si ces graves allégations se confirment, cela peur enclencher un chambardement judiciaire inédit qui impactera sur l’issue finale du procès des généraux de la société civile qui attendent leur délibéré pour le 24 juillet prochain.

Au cas contraire, la situation de Lirwana Abdourahamane se compliquerait davantage. Dans tous les cas, il serait difficile pour un homme de droit de la trame d’un avocat de porter de si graves accusations à l’encontre d’un magistrat sans détenir la moindre preuve. Retenons que suite à la plainte du doyen des juges, Maître Lirwana Abdourahamane a été déféré à la prison civile de Niamey. Il sera jugé en flagrant délit le lundi 16 juillet 2018 au tribunal de Niamey. Il passe ce week-end à la prison civile de Niamey.

Rappelons enfin qu’au cours de ce procès, Lirwana Abdourahamane et ses camarades dont Nouhou Arzika et Moussa Tchangari ont eu l’occasion en or de dire ceux qu’ils pensent du fonctionnement de la Justice et du régime du Président Issoufou Mahamadou.

EDS

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