Islam : la Première décade du mois béni de Ramadan, mois de jeûne

La première décade (10 premiers jours du mois) qui est une période relativement difficile pour les jeûneurs, appelle à s’armer de courage et de persévérance pour bénéficier des bienfaits de ce mois béni et se préparer conséquemment pour les jours qui suivent. Les jours de Ramadan avancent avec les bienfaits qui croissent.

Le Prophète (paix et salut d’Allah sur lui) a dit: « Le mois de Ramadan vous est venu, c’est un mois béni qu’Allah vous a imposé de jeûner. Durant ce mois les portes des cieux sont ouvertes, les portes de la géhenne sont fermées et les diables sont enchainés. Allah a, dans ce mois, une nuit qui est meilleure que mille mois, celui qui est privé de son bien est vraiment privé de tout bien » (Hadith rapporté par Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée), cité par Nassaï et authentifié par Cheikh Albani).

Le jeûne, qu’est-ce que c’est ?

Ramadan est le 9e mois de l’année hégirienne durant lequel est prescrit aux musulmans le jeûne. Un rite religieux spécifique et obligatoire pendant une période. Un (1) mois, en Islam, correspond à 29 ou 30 jours de l’année. Le jeûne est l’un des cinq (5) piliers fondamentaux qui font reconnaitre l’identité religieuse d’un musulman. Jeûner c’est s’abstenir, selon l’étymologie du mot en arabe ‘’Sawm’’ ou ‘’Siyam’’ qui veut dire ‘’s’abstenir de’’, comme nous l’indique ce verset coranique quand il est recommandé à Maryam (Marie) d’observer le silence aux questions que lui poseraient les gens, suite à la naissance miraculeuse de Issa (Jésus, paix sur lui et sa mère): « Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse! Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis [lui:] «Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux: je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain.» (Sourate Maryam, verset 26). Du point de vue de la jurisprudence, le jeûne est l’abstention de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles, de l’aube jusqu’au coucher du soleil.

Retenons que certains actes et paroles, bien que n’étant pas des obligations qui justifient la validité du jeûne, font partie du comportement à observer, pour espérer une récompense complète de l’accomplissement cette adoration. Il est alors à éviter, la calomnie, la médisance, les insultes et autres mauvaises paroles, la jouissance sexuelle par la parole ou par le regard, etc. qui sont des actes qui n’annulent pas le jeûne, mais en réduisent les bienfaits. Le prophète (paix et salut d’Allah sur lui) a dit : « Que de jeûneurs qui ne reçoivent de leur jeûne que la faim et la soif ! (C’est-à-dire sans récompense pour l’acte, mais une obligation considérée accomplie tout simplement). » (Hadith rapporté par Abou Hourayra).

Jeûner est une obligation à toute personne majeure, à qui est parvenu le message de l’Islam et l’a accepté (celui qui a fait profession de foi musulmane), lucide (qui ne souffre d’aucun trouble mental), en bonne santé, non en voyage, et exempte du sang des menstrues et des lochies (dans le cas d’une femme).

Ainsi l’incapacité physique pour cause de maladie ou certaines circonstances comme le voyage, une difficulté passagère qui perturbe les capacités physiques ou mentales, tout comme l’indisposition chez la femme, suspendent temporairement l’obligation du jeûne. Toutes ces catégories sont alors tenues de rembourser les jours manqués durant le ramadan, à la différence du malade incurable et du vieillard affaibli qui se contenteront de la compensation consistant à nourrir un pauvre pour chaque jour de jeûne.

Le jeûne, quels enseignements ?

L’homme est un être composé de deux parties, une partie spirituelle et une autre matérielle. Il se distingue, par cette qualité, des anges qui ne sont que spirituels obéissant de façon constante au Créateur et des animaux qui sont portés à suivre leurs instincts.

Grâce au libre arbitre dont il jouit, l’être humain doit chercher l’équilibre entre ses penchants célestes et mondains. Nourrir son esprit et son corps de façon équilibrée (sinon donner plus d’énergie à l’esprit), tel est le sens de l’existence de l’homme et cela est reconnu dans toutes les religions monothéistes. Si l’on se demande entre l’esprit et le corps lequel subsiste au temps et demeure éternellement, c’est assurément l’esprit. C’est pour cette raison qu’il est recommandé de s’occuper plus de l’esprit que du corps qui est matériel et dégradant sans cesse, durant le cheminement de la vie. Le corps physique est donc éphémère alors que l’esprit (l’âme), après la vie sur terre, continue une autre vie dans l’au-delà.

L’objet du jeûne est une école pour apprendre à s’occuper de son esprit. Chaque année, un mois d’exercice et d’élévation vers la présence divine. « O les croyants! On vous a prescrit aS-Siyâm (le jeûne) comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété » (Sourate Al-Baqara, verset 183). Le croyant se recrée et entretient sa relation avec le Très-Haut par divers exercices, une concentration sur les victoires de son âme.

Quand la foi s’affaiblit par les actes menaçant sa constance, une occasion est alors créée pour se ressaisir, un mois, pour renforcer la spiritualité et le sérieux. Ce, parce qu’elle s’effrite au contact des désobéissances, augmente avec les bonnes œuvres, s’aiguise ou se corrompt avec le temps.

Ishaq  Chitou