CULTURE : La Musique… Et Tout Est Jazz!

 Par SEM Eric P. Whitaker, Ambassadeur des États-Unis au Niger

    « Le jazz c’ est la liberté. » – Duke Ellington

Avril, c’est le Mois de l’Appréciation du Jazz aux États-Unis, une occasion pour nous de célébrer le patrimoine et l’histoire de cette musique extraordinaire. Vous vous demanderez surement: «Pourquoi reconnaître le jazz?», alors qu’il existe aujourd’hui des formes de musique beaucoup plus populaires telles que le rock and roll, le hip hop et le rap. La réponse est simple: aucun de ces genres musicaux n’aurait pu évoluer sans le jazz.

A mon avis, le jazz parle de l’histoire de l’Amérique. Avec des racines en Afrique de l’Ouest, le jazz a prospéré dans de nombreuses villes des États-Unis, telles que la Nouvelle-Orléans, Chicago et New York, où diverses populations – Ouest Africaine, Française, Antillaise, Italienne, Allemande, Mexicaine, Amérindienne, etc. ont contribué à son évolution. En raison de sa sonorité audacieuse et de son défi aux normes sociales, le jazz est devenu inextricablement lié à la lutte pour l’égalité, en particulier pour les Afro-Américains.

Le jazz incarne l’esprit américain. Il célèbre la liberté. Une grande partie de l’improvisation jazz commence par une tension entre les instruments, chacun cherchant à dominer l’autre au fur et à mesure que la chanson avance, avant de s’unir pour former un rythme convaincant. Les chanteurs et les instrumentistes inventent des mélodies ou des lignes sur place tout en jouant. Cela  semble être facile, mais pour réussir, il faut beaucoup d’habileté. Le jazz est également optimiste. Contrairement à son prédécesseur, «le blues», le jazz, avec sa flottabilité libre, peut être assez complexe même si les deux genres ont des origines similaires. Le résultat est un son plein d’espoir, intéressant et toujours original, un peu comme le meilleur de l’Amérique.

Le mois dernier, nous avons eu le privilège d’accueillir l’Ambassadrice Américaine de la musique, Shola Adisa-Farrar, à Niamey. Mme Adisa-Farrar et son partenaire musical, Adum7, ont participé au festival de la chanson que nous avons organisé avec le Centre de formation et de promotion musicale (CFPM). J’espère que vous avez eu l’occasion de les écouter pour comprendre que le jazz et la musique qu’il a inspirée continuent d’être des formes d’art importantes et passionnantes.

Personnellement, le jazz me motive et me redonne de la force. Mes collègues et moi travaillons de longues heures à l’ambassade américaine alors que nous nous associons à des Nigériens pour aider à assurer un avenir plus sûr et plus prospère. C’est un travail enrichissant, mais difficile, et je rentre parfois à la maison fatigué et j’ai besoin d’être revigoré. Que j’écoute Charlie Parker, Thelonious Monk, Count Basie, Sonny Rollins ou Wynton Marsalis, le jazz me garde toujours éveillé. Je voudrais aussi mentionner ici quelques-unes des femmes les plus brillantes du jazz américain: Ella Fitzgerald, Billie Holliday et Nina Simone. C’est toujours inspirant d’ecouter leur son incomparable.

Bien qu’il y ait des centaines d’excellents albums de jazz américains à vous recommander, voici cinq de mes propres favoris:

  • All My Tomorrows de Grover Washington, Jr. – Cet album de «smooth jazz» des années 1990 est doté d’un art exquis pour le saxophone.
  • Double Vision de Bob James et David Sanborn – Un album classique comprenant le saxophone de Sanborn et les claviers de James.
  • Time Out par le Dave Brubeck Quartet (Take Five) – Premier instrumentiste de jazz à se vendre à un million d’exemplaires (1959), Brubeck, claviériste, maîtrisant parfaitement l’équilibre entre structure et improvisation.
  • Kind of Blue de Miles Davis – Cet album de 1959 est considéré, à ce jour, par de nombreux critiques comme le plus grand album de jazz, car il influence les genres jazz, rock et classique.
  • Best of the Hot 5 and 7 Recordings de Louis Armstrong – Dans les années 1920, de nombreuses personnes se sont familiarisées avec le jazz en écoutant les merveilles d’improvisation de Louis Armstrong. Aujourd’hui, l’aéroport international de la Nouvelle-Orléans porte le nom de cette légende américaine.

Je vous encourage à explorer ces enregistrements mais surtout à découvrir la variété fascinante de la musique qu’est le jazz.

 

 

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