Crise au MODEN-LUMANA : Vers la suspension ou la dissolution du parti ?

« Ne pas tenir le congrès à Dosso où il a été régulièrement convoqué dans les délais ou le tenir dans un autre lieu où il n’a jamais été convoqué, est un acte de haute trahison à l’égard du Parti et de ses militants. C’est pourquoi, contre vents et marées, nous avons tenu à notre engagement de sauver le Parti d’une possible suspension ou dissolution »; peut-on lire des conclusions du point de presse animé, ce Samedi 17 Août 2019, par le Président du MODEN LUMANA M. Oumarou Nomao au bureau de la Commune Niamey 4 du parti.

Un appel au calme ou une mise en garde ?

M. Oumarou Nomao est revenu sur les récentes péripéties qui ont marqué la vie du parti avant, pendant et après le 3ème Congrès ordinaire tenu à Dosso. Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où MODEN LUMANA vacille au milieu d’une crise interne qui la secoue depuis le 26 juillet 2019. Date à laquelle le Juge des référés, suite à la requête de M. Oumarou Noma, alors président par intérim du parti MODEN Lumana/FA, a constaté « la déchéance de Monsieur Hama Amadou de la présidence du parti politique Moden Fa Lumana Africa, à la suite de sa condamnation à un (1) an d’emprisonnement par arrêt n°31/17 du 13/17 de la Cour d’Appel de Niamey ».

Il est clair que cette décision de Justice a conforté M. Oumarou Noma ainsi que des nombreux militants du parti qui ont tenu, le 4 Août 2019 à Dosso, le 3ème Congrès ordinaire de la deuxième force politique au Niger. Mais, on se souviendra que le même jour, le bureau politique national du parti tenait d’autres assises de la même instance (le 3ème Congrès ordinaire) au Palais des Sports de Niamey car ayant considéré M. Oumarou Noma comme « démissionnaire d’office ». Deux (2) congrès parallèles pour le même parti, une première dans l’histoire politique du Niger !

Les tons durcissent 

Dans tous les cas, le Tribunal avait déclaré de « nulle et nul effet », la décision  prise par Hama Amadou le 19 juillet 2019, et ayant pour objet  « requête des 2/3 des membres », par laquelle il destituait depuis son lieu d’exil (Cotonou/ Benin), Oumarou Noma, de la présidence par intérim du parti. Et cela quoique, (le 26 juillet 2019), le bureau politique national du Moden Lumana se soit réuni en session ordinaire, en présence d’un huissier de justice pour désigner Ehadj Tahirou Seydou dit « Parc 20 », comme président par intérim du MODEN FA LUMANA avant d’être confirmé Président du Parti lors des assises parallèles de Niamey, le 4 Août dernier.

Depuis, les tons durcissent entre ‘’lumanistes’’, la crise interne se cristallise autour du camp de M. Oumarou Noma et celui M. Hama Amadou, conduit désormais par Ehadj Tahirou Seydou. A l’heure où la fièvre pré-électorale s’empare des partis comme le PNDS-Taraya, principale formation politique au pouvoir présidée par M. Bazoum Mohamed, actuel Ministre de l’Interieur, le MPN Kishin Kassa de l’ancien chef de la diplomatie nigérienne, M. Ibrahima Yacoubou, le MNRD Hankuri de l’ancien Chef de l’Etat M. Mahamane Ousmane, le PSD-Bassira de M. Mohamed Ben Omar, actuel ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, tous en tournée de profondeur à la rencontre de leurs militants, au MODEN LUMANA, le parti est au bord de l’implosion.

Cette crise débouchera-t-elle sur un consensus ou sur un feuilleton judiciaire ? C’est la question que tout le monde se pose.

niameysoir.com

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