CONFERENCE DE PRESSE : La coopération transfrontalière et la gouvernance locale dans la prévention des conflits et la gestion des crises sécuritaires

(Niamey – Vendredi 22 Novembre 2019) L’Atelier régional : « Gouvernance et Décentralisation, vecteurs de paix et de stabilité au Sahel», qui a débuté mercredi a été sanctionné par une conférence de presse tenue cet après-midi à l’hôtel Radisson Blu. Les principaux partenaires de l’atelier régional (PNUD, Coopération Allemande, Alliance Sahel, ALG et Ministère de l’intérieur) sont revenus, chacun en ce qui le concerne, sur les trois (3) jours de travaux intenses, les recommandations qui en sont issues et les perspectives.

20191122_171812Dans son mot introductif, M. Jean Marc Gravenelli, Coordonnateur UC- Alliance Sahel, a marqué sa satisfaction par rapport au niveau appréciable des échanges, à la pertinence de la méthodologie de travail et aux propositions de solutions formulées par l’Atelier dans le sens de faire de la décentralisation et de la gouvernance locale, des instruments de lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix, la prévention des conflits et de cohésion sociale dans la zone du Liptako-Gourma. « L’initiative de cet atelier traduit la volonté de l’ensemble des partenaires concernés à conjuguer les efforts pour faire face aux défis sécuritaires dans la région du Liptako et du Sahel en général ». Selon, M. Jean Marc Gravenelli le mérite de cette rencontre de Niamey est d’avoir réuni les différents acteurs (autorités et bailleurs de fonds) intervenant dans la gestion des collectivités  locales et la prévention des conflits pour proposer des actions concertées. « La sécurité et le développement local sont étroitement liés, ce séminaire a été un challenge pour la reprise normale du processus de décentralisation  avec une forte implication des acteurs dans la conception et la mise en œuvre des projets » a indiqué M. Jean Marc Gravenelli.

20191122_171830Prenant la parole à son tour, M. Ronald Meyer de la Coopération allemande, a signalé que l’atelier a permis de lever le voile sur la particularité des pays de la Région du G5-Sahel. Il s’agit principalement du faible accès des populations aux services sociaux de base (santé éducation, accès à l’eau et à l’énergie domestique). A cet effet, il est nécessaire d’accompagner les Collectivités locales déjà confrontées à la fragilité de la gouvernance, à l’insécurité ou aux problèmes d’urgence humanitaire selon les zones. M. Ronald Meyer a réaffirmé la disponibilité de son institution à poursuivre les efforts qui sont faits de sorte que la corrélation « décentralisation & services de base » soit une réalité qui profite véritablement à la population et aux Etats. La Gouvernance et la décentralisation, poursuit-il, font partie des 6 secteurs clé de l’Alliance Sahel. «  Nous pensons que ces deux thèmes peuvent servir de vecteurs importants pour la consolidation de la Paix et la prévention des Conflits » dit-il. Réagissant à une des recommandations de l’atelier régional, M. Ronald Meyer a conclu que la coopération allemande est disposée à aider à la formulation des méthodes innovantes afin de rendre plus souples et plus éfficaces les procédures d’accès aux ressources de financements.

OLLEn terme de perspectives, deux (2) pistes ont été dégagées par cet atelier, a déclaré pour sa part M. José Wabo le représentant résident adjoint du PNUD au Niger. La première consistera à capitaliser les acquis par un renforcement de la coopération transfrontalière et de la coordination des interventions. La deuxième piste consistera à la mise en place d’un Comité restreint d’experts chargés de suivre la mise en œuvre concrète des propositions formulées par l’atelier régional. Parmi ces propositions, précise-t-il, on peut citer les approches innovantes impliquant dès le départ les populations et les collectivités dans la cartographie des besoins et la relève des défis de développement, l’investissement dans le renfoncement des capacités des collectivités locales, l’attention à accorder à la gestion des ressources partagées, aux actions ciblant les femmes et des jeunes.  M. José Wabo  a rappelé également l’importance de la dynamique de l’intelligence collective illustrée par les « Accelerator Labs ». Ces derniers constituent une approche innovante du PNUD face aux défis de développement et mettent l’accent sur les solutions locales et l’expérimentation pour accélérer de façon radicale un savoir-faire pouvant permettre de supporter les partenaires.

20191122_173512M. Saidou OUA, Secrétaire Exécutif de l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako Gourma (ALG), a axé son intervention sur le rôle capital de l’ALG dans la prévention et la gestion des conflits. Son institution œuvre depuis 2006 dans le sens de promouvoir la coopération transfrontalière en s’appuyant sur les collectivités locales. Il dit tirer satisfaction des travaux de l’atelier régional en ce sens qu’il a jeté les bases d’une collaboration saine entre collectivités locales et partenaires au développement. Dans la perspective d’une synergie d’actions recommandée par l’atelier régional à l’endroit des pays de la zone de trois frontières et du G5 Sahel en général, M. Saidou OUA assure de la disponibilité de l’ALG à jouer sa partition.

OKLAbondant dans le même sens, le cinquième et dernier intervenant de la conférence de presse, le Directeur de la Décentralisation au Ministère nigérien en charge de l’intérieur, a dit « les collectivités sont au cœur de la problématique sécuritaire, de la prévention et de la gestion des conflits dans le Sahel». Selon lui, l’atelier régional a atteint ses objectifs. Il a mis en exergue les contours de la thématique de la gestion préventive. « Les conflits naissent au niveau local, c’est au niveau local qu’ils ont leur solution » a-t-il martelé. Parlant de l’expérience du Niger en matière de décentralisation, il a mentionné les progrès qui sont faits en 15 ans de mise en œuvre du processus tout en mettant l’accent sur la nécessité de rediriger les appuis des partenaires techniques et financiers (PTF) aux collectivités locales. Du reste, conclut-il, l’adoption du statut autonome des collectivités territoriales au Niger participe de cette vision.

Abdoulaye A. Abdourahamane

niamneysoir.com

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