Clôture du Colloque des femmes artistes du Niger

Vers la création d’un cadre fédérateur pour mutualiser les efforts

Le 12 Mai 2017 peu après la cérémonie d’ouverture des travaux par le Ministre en charge de la Renaissance Culturelle et de la Modernisation Sociale, le Colloque des femmes artistes du Niger organisé par l’entreprise Culturelle « INOV’ART » a débuté par une série de communications. Lesquelles communications ont porté sur des thèmes pertinents en lien avec les enjeux et défis auxquels fait face la femme artiste du Niger dans un contexte de Renaissance Culturelle :

La première communication est animée par Mme Mariama Moussa, Présidente de l’ONG SOS Femmes et Enfants Victimes de Violences. Elle a, dans sa communication, partagé avec l’assistance les principaux freins à l’épanouissement de la jeune fille et de la femme nigérienne en général. Selon elle ces freins ont pour noms : le mariage forcé ou précoce, le problème de maintien des filles a l’école, les violences basées sur le genre, le poids du travail domestique, les pesanteurs socio culturelles, le non respect de la loi sur le quota et de certaines dispositions de la CEDEF. Une situation qui selon Mme Mariama Moussa doit interpeller tout le monde afin de créer les conditions optimales de l’autonomisation de la femme.

Quant à Mme Aougui Halima du SAFEM, elle a axé sa communication sur l’historique de son agence le SAFEM, fruit d’une lutte de longue haleine conduite par les femmes et pour les femmes. Toutefois, elle a expliqué que ce cadre a été crée pour accompagner les femmes artisanes dans la production et la commercialisation de leurs métiers. Mme Aougui Halima a insisté sur la nécessité pour les femmes de s’unir pour la réussite de leurs projets. Le SAFEM en est une parfaite illustration.

Mesdames Hassila du MECREF et ABDOU Bibata de ASUSU S.A ont co-animé le sous thème du Colloque relatif à la micro finance comme tremplin vers l’autonomisation. Les deux conférencières ont, chacune en ce qui la concerne, largement expliqué les opportunités d’affaires et ou de prêt, que leurs institutions respectives à savoir la MECREF et ASUSU S.A offrent aux femmes. Des opportunités qui selon elles ne peuvent être profitables aux femmes artistes que si elles sont organisées dans un cadre formel porteur de projets culturels innovants.

Cheikh Kotondi, Promoteur Culturel-Metteur en Scène a quant à lui entretenu l’assistance sur les obstacles et les perspectives par rapport à l’autonomisation des femmes artistes. Une communication qui a suscité un vif intérêt chez les participants. Cheikh Kotondi a mis en exergue les principaux obstacles à l’épanouissement des femmes artistes mais il est optimiste quant à l’avenir au regard notamment des avancées enregistrées ces dernières années par notre pays dans le secteur et cela grâce à l’engament de la femme artiste.

A noter que ces communications ont été marquées par des échanges constructifs et enrichissants. Les participants ont été très actifs et ont de par leurs contributions et expériences élevé le niveau de la réflexion. Dans l’après midi, la fin du Colloque a été sanctionnée, par une série des recommandations à l’endroit des femmes artistes, du Gouvernement et des partenaires au Développement. Une des plus importantes résolutions du Colloque est la création d’un cadre fédérateur formel des femmes artistes du Niger avec pour objectif l’autonomisation de la femme et la reconnaissance du statut de l’artiste nigérien. A cet effet, un Comité adhoc présidé par M. Albert Chaibou est mis en place pour la rédaction des projets de textes fondamentaux devant régir une structure formelle des femmes artistes pour la défense et la protection de leur image et de leurs œuvres.

La Directrice Générale de « INOV’ART », Aminatou ISSAKA, se dit très impressionnée par la qualité des interventions et la pertinence des contributions. Elle a enfin remercié toux ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de ce Colloque.

Ecrivain du Sahel