Appel à un 3ème mandat du président Issoufou: deux acteurs de la société civile inculpés

Le délibéré pour le 14 juin prochain…

Mis aux arrêts le samedi 26 Mai dernier à Zinder pour avoir souhaité, par voie de presse, voir le Président Mahamadou Issoufou briguer un troisième mandat, Salissou Ibrahim et Issoufou Brah, membres de l’Union des jeunes nigériens pour le développement (UJND), sont inculpés puis placés sous mandat dépôt à Zinder.

Décidément, il n’est plus bon de souhaiter que le Président de la République poursuive son action à la tête de l’État. Pour ne l’avoir pas compris, deux acteurs de la société civile de Zinder ont comparu le 31 mai 2018 dernier en audience de flagrant délit au Tribunal de grande instance de Zinder et le jugement a été reporté pour ce jeudi 7 juin 2018 pour complément d’information. C’est ainsi qu’en début de matinée, lors du procès, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Zinder a requis, contre Salissou Ibrahim et Issoufou Brah, cinq (5) ans d’emprisonnement dont trois (3) fermes. Une demande de peine assortie d’une amende de 100. 000 FCFA. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 14 juin prochain. Devant le juge, les deux (2) activistes ont expliqué que leur appel était motivé par le fait que la Mouvance pour la Renaissance du Niger (MRN) dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale qui permettrait au Président de la République Issoufou Mahamadou de faire passer la modification de l’article sur la limitation des mandats présidentiels.

Selon le procureur du tribunal de grande instance de Zinder, Salissou Ibrahim et Issoufou Brah, sont inculpés «pour avoir fait des propositions non agréées de former un complot pour détruire ou changer le régime constitutionnel».

Dès l’annonce de cette inculpation, une vive colère s’est emparée des défenseurs de la liberté d’expression, d’opinions et de pensées pour qui, les deux jeunes acteurs de la société civile n’ont fait qu’exprimer librement leur opinion. En quoi, se demandent-ils, le fait de dire son opinion par rapport à la poursuite ou non des actions du Chef de l’État peut constituer une infraction.

Pour l’heure, on s’interroge sur la gravité des propos de Salissou Ibrahim et Issoufou Brah sur des médias locaux puis répandus sur les réseaux sociaux sans que ces médias ne soient mis en cause. Par crainte du scénario ‘’Tazartché’’ né en 2006 dans la même région (Zinder), le Procureur peut-il restreindre la liberté d’opinion et de pensée consacrée par la Constitution? Cette crainte peut-elle justifier l’arrestation des acteurs de la société civile? Selon certaines indiscrétions, ces jeunes seraient manipulés par une ‘’une main invisible’’ d’où le report du jugement pour complément d’information.

Dans tous les cas, on ne peut pas comprendre les agissements du Procureur contre les membres de  l’UJND sachant que le Président de la République, Chef de l’État, Issoufou Mahamadou, a toujours dit et répété qu’en 2021, il organisera des élections libres et transparentes et passera le témoin.

Du reste, le processus électoral suit son court. Une proposition de chronogramme des élections a été faite par la CENI et bientôt des audiences foraines pour la délivrance de pièces d’état civil aux nigériens seront lancées par la CENI en vue de l’élaboration d’un fichier électoral biométrique. Enfin, pourquoi réellement le procureur s’inquiète pour un acte  répréhensible mais qui n’a pas été incriminé par le Code pénal?

Écrivain du Sahel